Le manouche

  • Focsani - Roumanie
  • 25 juin 2011
  • par Greg

Un tour du monde est par « tradition » l’occasion de s’ouvrir aux autres, découvrir des populations qu’on méconnaissait et bien souvent enjoliver le monde comme on a l’habitude de le voir sur les comptes-rendus des voyageurs. Bien qu’on soit à peu près d’accord sur ces points là et autant on est pas pas pour dire du mal des cons quand ça se voit, autant on va pas parler des cons sans faire un détour par les gitans.
Avant de poser le pied en Roumanie, nous étions comme vous « ah ces Roumains qui vivent en roulotte, qu’entre eux, s’installent en France et foutent le boxon là où ils se posent. Eh bien nous avions faux, ou du moins qu’en partie. Car le Roumain type vit à l’occidental, comme vous et moi (enfin plus vous en ce moment) et ces gens là souffrent considérablement de l’amalgame que nous faisons avec les gypsy kings. qui sont largement représentés dans le pays.
A priori, des gens qui vivent différemment, un peu à l’écart des normes établies a de quoi nous plaire, de quoi mettre un peu de panach’. Mais encore faudrait-il veiller à ne pas emmerder le monde continuellement pour assouvir sa soif de marginalisation. Car si ces gens sont marginaux, c’est bien par choix, à tel point qu’il est tout à fait possible de penser qu’ils se complaisent dans leur misère économique et sociale vu le peu d’efforts produits pour s’en élever. Les gitans sont foutrement incapables de communiquer tandis que les autres Roumains à qui nous avons parlé ont la volonté de faire quelques signes compréhensibles, d’expliquer ce qu’ils veulent. Arrivant vers vous en charette, l’air à moitié agressif, ils vous braillent des mots que le dictionnaire Roumain ne comprend pas non plus pour vous expliquer que… on sait toujours pas… faut-il partir, pas partir, les suivre, autre chose?
Outre ce facheux problème de langage, parlons des moyens qu’ils utilisent. Qu’un pays soit pauvre, OK. Que des gens soient pauvres, OK. Mais si un sociologue pouvait m’expliquer comment se fait-il, alors qu’un pays se développe et que les autres roulent en Berline, que ce sont toujours les memes (et cela dans tout le pays) qui se promènent encore en charette moyen-ageuse sur les nationales, qui labourent leurs champs avec des chevaux et récoltent à la main avec des fauches en partie moisies. Ces gens possèdent des terres comme les autres (quand ils ne fauchent pas un peu de blé par ci par là). L’épargne, l’investissement n’existe pas chez eux? Ils tournent en circuit fermé?

Et que dire de la réputation qu’ils se trainent? Elle est pire quand on écoute les Roumains en parler : »Ils viennent chez vous en France, en Angleterre, en Allemagne, font des conneries, prennent l’argent que vous leur donnez pour partir (ils sont tous au courant et outrés des 1000 euros qu’on leur file), disent qu’ils sont Roumains et reviennent là avec presque deux mois de mon salaire. Et dans une semaine ils sont repartis… » ; « Après, quand je dis que je suis Roumain, on me prend pour un gitan… »

Si les gitans veulent qu’on change d’opinion sur eux, qu’ils s’ouvrent aux monde qui les entoure, qu’ils vivent avec quelques habitudes de notre époque, qu’ils cessent de rester reclus et qu’ils apprennent à respecter les autres.
Nous publions cet avis après avoir vécu près d’eux pendant quelques jours. Nous ne sommes pas allés avec une caméra France Télévisionpognon leur demander s’ils étaient gentils et malheureux ou pourquoi aucun d’entre eux ne fait l’effort de rendre sa famille lettrée, nous avons simplement essayé de vivre près d’eux sans faire de vague, et nous avons cotoyé des personnes qui ne veulent pas communiquer et qui la nuit venue, devant nous, tentent de piller les usines.

Que les gitans se démerdent pour trouver des terrains et des points d’eau en France ou ailleurs, personne ne leur doit rien.
Et surtout, ne les confondez pas avec les Roumains qui sont adorables.



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