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	<title>Deux singes en hiver</title>
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		<title>Pékin Mes fesses</title>
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		<pubDate>Mon, 11 Mar 2013 00:08:56 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Micheline a vu le Cambodge. Elle sait comme les gens sont adorables et combien il est facile de se faire héberger. Elle connaît les difficultés de la pratique de l&#8217;auto-stop en Russie et plus rien ne lui échappe au sujet &#8230; <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2013/03/11/pekin-express/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Micheline a vu le Cambodge. Elle sait comme les gens sont adorables et combien il est facile de se faire héberger. Elle connaît les difficultés de la pratique de l&rsquo;auto-stop en Russie et plus rien ne lui échappe au sujet de la nourriture et des routes en Mongolie. Même qu&rsquo;elle est une assidue de Pékin Express et qu&rsquo;elle en tire toute sa science.<br />
Ainsi, cette émission traîne derrière elle tellement de Micheline qu&rsquo;elle continue de sévir jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui et qu&rsquo;on ne peut bientôt plus aborder le sujet du voyage sans qu&rsquo;un petit Michel en puissance ne l&rsquo;évoque.</p>
<p>-Tu es en Sylvanie? Ils sont sympas les gens hein?<br />
-Et vous dormez chez l&rsquo;habitant?<br />
-Et vous faites aussi avec 1€ par jour?</p>
<p>Toute dialogue de ce type se terminant forcément par l&rsquo;argument implacable :<br />
-Pourtant l&rsquo;autre jour dans Pékin Express, c&rsquo;était comme ça, <strong>j&rsquo;y ai vu</strong>, etc.</p>
<p>Pour rappel, et bien que je n&rsquo;ai suivi qu&rsquo;un seul épisode il y a très longtemps, c&rsquo;est dans cette émission qu&rsquo;on veut nous faire croire que Ludo et Nanard, l&rsquo;équipe bleue, ont réussi à traverser toute l&rsquo;Asie avec un euro par jour tous frais compris et qu&rsquo;ils se sont fait héberger avec une facilité déconcertante dans tous les pays. Pendant ce temps là, Loulou et JP, l&rsquo; équipe jaune, n&rsquo;ont pas traîné en route, multipliant les trajets gratuits en auto-stop, ne rencontrant que des gens adorables. Ceci reflète une réalité évidente et juré-craché, les caméras n&rsquo;y sont pour rien!<br />
Oh bien sûr, tout est possible, surtout quand on ne prévoit rien. Mais c&rsquo;est un peu trop &laquo;&nbsp;possible&nbsp;&raquo; à notre goût.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1000259.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1000259-600x324.jpg" alt="" title="stopitalia" width="600" height="324" class="alignright size-large wp-image-1733" /></a></p>
<p>Je n&rsquo;ai cessé de répéter à chaque fois qu&rsquo;on m&rsquo;y faisait référence que tout ceci était pipauté au plus au point et qu&rsquo;il suffisait d&rsquo;avoir baroudé un mois à peu près n&rsquo;importe où dans le monde pour déceler la supercherie.<br />
Je crois que notre période la moins dépensière fût entre Bryans&rsquo;k et Moscou, où nous avons dépensé 24€ à deux pendant 4 jours (donc 3€ par personne et par jour). Il faut préciser que nous ne faisions que du vélo, ne dormions que sous la tente, ne mangions que du riz au beurre et des tartines de pain beurré avec un peu d&rsquo;ail ou du sucre, selon si nous en étions au plat de résistance ou au dessert. On nous a bien offert quelques patates et des framboises, une fois, alors que nous prenions une pause à l&rsquo;ombre d&rsquo;une station service. Bref, Pékin Express, on y croit à mort!</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P11106541.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P11106541-600x177.jpg" alt="" title="framboises-patates" width="600" height="177" class="alignright size-large wp-image-1736" /></a></p>
<p>Certains nous diront que nous ne sommes pas nécessairement une référence en terme d&rsquo;économies puisque nous avons aussi profité de la vie peu chère qui s&rsquo;offrait à nous dans des pays plus pauvres.<br />
Dans un autre ordre d&rsquo;idée, <a href="http://www.piedslibres.com/" target="_blank">voici une fille</a> partie pour 10 ans dans un périple autour du monde, uniquement à pieds, et qui a dans ce but suivi des stages de survie. Budget : 4€/jour.<br />
Et pour l&rsquo;hébergement, quelle meilleure référence qu&rsquo;Antoine de Maximy, célèbre voyageur de l&rsquo;émission &laquo;&nbsp;<a href="http://www.jiraidormirchezvous.com/" target="_blank">J&rsquo;irai dormir chez vous</a>&laquo;&nbsp;? Tous les soirs, un hotel est réservé au cas où il n&rsquo;arrive pas à dormir chez l&rsquo;habitant. Ce qui arrive 4-5 fois maximum en 15 jours.<br />
<div id="attachment_1721" class="wp-caption alignright" style="width: 460px"><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/maximy.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/maximy.jpg" alt="" title="maximy" width="450" height="337" class="size-full wp-image-1721" /></a><p class="wp-caption-text">Antoine de Maximy</p></div></p>
<p>Je pose donc la question : quel est ton secret, Nanard? Vite! Vite! Des trucs, des astuces, des noms! Tous les voyageurs veulent savoir!</p>
<p>Et si je poste cet article aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est que la réponse sourcée m&rsquo;est tombé sous le nez il y a quelques jours à travers un vieil papier du Canard Enchaîné que vous pouvez télécharger en bas de page.<br />
Outre les habituelles techniques de montage afin de faire passer un figurant pour un ange, son voisin pour un démon ou de filmer sur ordre les moments difficiles pour faire pleurer dans les chaumières (il est précisé de ne surtout pas couper par pudeur si un candidat vomit&#8230;), ce qui est vraiment intéressant sont les trucages pour aider tel ou tel concurrent à avancer&#8230; ou pas.<br />
On apprend ainsi que l&rsquo;équipe accompagnant les candidats n&rsquo;hésitent pas à payer des chauffeurs pour que ceux-ci s&rsquo;arrêtent en voyant les malheureux lever le pouce. D&rsquo;autres locaux partent sans hésiter acheter de la nourriture pour de parfaits inconnus. Bénévolement bien entendu.<br />
D&rsquo;autres candidats, qui avancent un peu trop vite au goût de la production de M6, sont freinés. Un ancien participant raconte un &laquo;&nbsp;<em>jour curieux</em>&nbsp;&raquo; où la production stoppe la voiture dans laquelle ils étaient pour un excès de vitesse.<br />
Un euro par jour donc, plus les backchichs de la production. Et si je dis que les habitants sont parfois payés, je crois employer un euphémisme.</p>
<p>Il est compréhensible que tout le monde n&rsquo;ait pas envie ou ne puisse voyager avec un sac à dos, à l&rsquo;arrache et en économe. Cela n&rsquo;empêche pas que lorsque vous voulez savoir comment vivent les animaux de la jungle, vous n&rsquo;achetez pas le DVD du Roi Lion et que vous ne prenez pas vos renseignements sur les tactiques militaires en regardant &laquo;&nbsp;Expendables&nbsp;&raquo; ou &laquo;&nbsp;Commando&nbsp;&raquo;.<br />
Tout ceci est bien divertissant, mais ça s&rsquo;arrête là. En sortant votre postérieur du canapé, vous pouvez avoir passé un bon moment devant Pékin Express mais en aucun cas vous n&rsquo;aurez vu ou entendu un reportage digne d&rsquo;intérêt sur la population d&rsquo;un pays ou une façon de voyager léger.</p>
<p>Alors non, on ne vit pas avec un euro par jour (<a href="http://documentaires.france5.fr/series/nus-et-culottes" target="_blank">c&rsquo;est possible, à poil</a>). Mais dans le même temps, on ne se filme pas lorsqu&rsquo;on vomit.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/pekinexpress.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/pekinexpress-600x321.jpg" alt="" title="pekinexpress" width="600" height="321" class="alignright size-large wp-image-1719" /></a></p>
<p><a href='http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/Le-Canard-enchainé-2008.03.05-Les-aventuriers-de-M6-dans-une-course-Pékin-Express-bidonnée1.pdf'>Le Canard enchainé &#8211; 2008.03.05 &#8211; Les aventuriers de M6 dans une course (Pékin Express) bidonnée</a></p>
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		<title>Le douanier ce héros</title>
		<link>http://www.deuxsingesenhiver.com/2013/01/25/le-douanier-ce-heros/</link>
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		<pubDate>Fri, 25 Jan 2013 16:31:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>S&rsquo;il est un personnage avec qui l&rsquo;on ne peut faire sans pendant un tour du monde, c&rsquo;est bien le douanier. Fidèle au poste, épaulettes lustrées, sa silhouette ne souffre aucun doute : il est temps de montrer patte blanche. Grâce à lui, le passage d&rsquo;une frontière terrestre est systématiquement un moment particulier, une tradition attendue, redoutée pour certains, comiques pour d&rsquo;autres.</p>
<p>Il y a de moins en moins à dire sur l&rsquo;Europe. En ce qui nous concerne, les douanes italiennes et slovènes n&rsquo;étaient déjà plus, à peine marquées d&rsquo;une plaque commémorative ou d&rsquo;un poste frontière à l&rsquo;abandon. Que sont devenus ces fiers gardiens intra-Shengen ? Reclassés aux archives ? </p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1000427.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1000427-600x450.jpg" alt="" title="italie_slovenie" width="600" height="450" class="alignright size-large wp-image-1946" /></a></p>
<p>Non loin de là, le douanier croate continuer d&rsquo;oeuvrer avec sérieux et se contente du traditionnel coup de tampon, 10 secondes top chrono. Le Bosniaque fait dans l&rsquo;économie d&rsquo;encre quand le Serbe sort les bottes et le révolver d&rsquo;apparat, toujours dans un rôle de cow-boy tamponneur. Le Roumain, plus sérieux, demande si vous ne seriez pas à tout hasard en train de tenter de passer un produit illicite à vélo et vous croit sur paroles. Ouf ! Quel fin limier ! Le Moldave insiste pour savoir où vous habitez, précisément. Même si le village dont il n&rsquo;entendra plus jamais parler ne correspond plus aux renseignements du passeport. Nouvelle leçon de douane : une fausse information vaut parfois mieux que pas d&rsquo;information. Vous pouvez dire à peu près n&rsquo;importe quoi à un douanier, il est rarement assez professionnel pour vérifier vos dires.<br />
Cette règle ne semble pas s&rsquo;appliquer aux chauffeurs poids-lourds dont les véhicules forment systématiquement un longue file d&rsquo;attente de plusieurs heures dans le meilleur des cas, et entraînant les coûts qu&rsquo;on peut imaginer&#8230;</p>
<p>Le douanier de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Transnistrie" target="_blank">Transnistrie</a> a vu en nos passeports deux bonnes raisons de prendre un peu sur son temps précieux et de nous questionner entre deux wagons, à l&rsquo;abri des regards innocents. Ainsi, après nous avoir signalé que nous n&rsquo;étions pas en règle en l&rsquo;absence de tampon de sortie moldave (la Moldavie ne reconnaît pas cet État et considère que nous n&rsquo;avons pas quitté le territoire&#8230;), il nous est demandé un « <em>small present</em> » pour récupérer nos papiers juste avant que le train reparte. Cinq euros seront nécessaires pour tuer dans l&rsquo;oeuf ce flux migratoire illégal. La Transnistrie remercie son héros.</p>
<p>En Russie, c&rsquo;est un silence de mort qui accompagne la montée des agents tamponneurs dans un wagon, indiquant que la crainte de l&rsquo;uniforme ne s&rsquo;est pas effondrée avec le reste. Malgré leur contrôle rigoureux, notre fausse invitation pour rentrer en Russie ne les intéresse pas, ils espèrent sans doute attraper de plus gros poissons. En Mongolie, on ne transige pas avec la quarantaine. Il faut acheter un ticket au but incertain sous peine de ne pas revoir la couleur du passeport. Ou alors, la tentation de défier un douanier est plus forte que vous, et vous décidez de patienter 2h pour économiser 50 centimes, le temps qu&rsquo;ils craquent. C&rsquo;est parfois une question de principe. Cette règle est valable pour la plupart des pays d&rsquo;Asie du sud-est, notamment Laos et Cambodge.</p>
<p>La frontière chinoise fut sans doute la plus éprouvante. Obligés de <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2011/08/18/destruction-derby/" target="_blank">traverser en jeep</a> dans un style plus proche du stock-car que de l&rsquo;embouteillage, le passage au compte goutte nous fera perdre près de cinq heures pour scanner nos sacs. Tous les faux documents fournis à l&rsquo;ambassade (attestation de travail, billets d&rsquo;avion, preuves d&rsquo;hébergement) ne sont en rien responsable de ces délais puisque rien n&rsquo;a été vérifié. Il aurait pourtant suffit d&rsquo;un coup de fil à n&rsquo;importe quel hotel mentionné ou plus simplement de lire pour voir que la signature de Barrack Obama ne correspondait pas au nom de mon supérieur, <a href="http://www.youtube.com/watch?v=ejhxxf242mw" target="_blank">Gérard Bouchard</a>. </p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/GREG-CERTIFICAT-TRAVAIL-copy-2.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/GREG-CERTIFICAT-TRAVAIL-copy-2-600x848.jpg" alt="" title="GREG - CERTIFICAT TRAVAIL copy 2" width="600" height="848" class="alignright size-large wp-image-1940" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1010426.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1010426-600x450.jpg" alt="" title="douanechine" width="600" height="450" class="alignright size-large wp-image-1936" /></a></p>
<p>Le douanier Viet est le plus &laquo;&nbsp;arrangeant&nbsp;&raquo; de tous. Il s&rsquo;improvise banque d&rsquo;échange de devises en un éclair, à un taux défiant toute concurrence. Il connaîtra du même coup le montant dont vous disposez, afin de régler les différents frais dont le calcul des charges reste à sa discretion. Dans le doute, ne jamais avoir un seul centime en poche. Officiellement. Et faire semblant de ne pas comprendre les petits papiers plein de chiffres que l&rsquo;on vous tend.<br />
Enfin, il est une question commune à l&rsquo;ensemble des douaniers : « <em>pourquoi venez-vous chez nous</em>? » comme si la réponse conditionnait votre entrée sur le territoire alors qu&rsquo;il est en train de parcourir votre &laquo;&nbsp;visa touristique&nbsp;&raquo;. Pour le logement, un nom d’hôtel bidon, voire un nom de ville au hasard suffit a priori à contrôler vos déplacements. <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/07/24/terroristes-biologiques/" target="_blank">Et l&rsquo;Australie possède aussi des coutumes bien à elle.</a></p>
<p>Voici donc le rôle déterminant du douanier, que nous aurons vu berné par un simple chauffeur de bus chinois, dissimulant des téléphones portables sous le faux plancher, qui crée des files interminables de poids-lourds, ralentit les transports, entraînant des coûts dont tout le monde se passerait bien. Le gardien des frontières, premier rempart contre les invasions de toutes sortes, a-t-il un seul avantage ?<br />
Que gagne-t-on à voir nos passeports coloriés ? À devoir répondre aux questions les plus imbéciles ? À perdre des heures, des jours, à attendre qu&rsquo;un tamponneur veuille bien accepter que nous poursuivions notre route ? Connait-on un seul trafic qui ait cessé grâce à ces héros en uniforme ?</p>
<p>Il y a plus d&rsquo;un siècle, Bastiat avait déjà senti l&rsquo;arnaque (et encore, en supposant le douanier honnête) : <em>Vraiment, je me demande comment il a pu entrer assez de bizarrerie dans nos cervelles pour nous déterminer à payer beaucoup de millions dans l&rsquo;objet de détruire les obstacles naturels qui s&rsquo;interposent entre la France et l&rsquo;étranger (NDR : construction de routes, chemins de fer, ponts, etc.), et en même temps à payer beaucoup d&rsquo;autres millions pour y substituer des obstacles artificiels qui ont exactement les mêmes effets, en sorte que, l&rsquo;obstacle créé et l&rsquo;obstacle détruit se neutralisant, les choses vont comme devant, et le résidu de l&rsquo;opération est une double dépense</em>.</p>
<p>Contre les envahisseurs, la France avait Maginot, le monde a ses douaniers.</p>
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		<title>Port Hedland, le Far West d&#8217;Australie</title>
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		<pubDate>Tue, 18 Dec 2012 09:06:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Voilà deux mois que je quittais Perth pour Port Hedland, (1600km plus au Nord, 10 000 habitants) afin d&#8217;y trouver du travail. Au-delà de la possibilité de gagner plus, il y avait aussi une volonté de couper dans la vie &#8230; <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/12/18/port-hedland-le-far-west-daustralie/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Voilà deux mois que je quittais Perth pour <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Port_Hedland" target="_blank">Port Hedland</a>, (1600km plus au Nord, 10 000 habitants) afin d&rsquo;y trouver du travail. Au-delà de la possibilité de gagner plus, il y avait aussi une volonté de couper dans la vie de backpacker et de ne plus côtoyer tous les voyageurs pendant que je travaillerais. Port Hedland est avant tout une ville minière : 90% de la population se promène en bleu de travail et la gent féminine est aussi bien représentée qu&rsquo;il y a de kangourous vivants au milieu de la route en Australie. Ambiance testostérone. Les habitants accumulent en moyenne 2 semaines Aubry pour toucher 4 fois plus. Bref, ici, on bosse et il n&rsquo;y a rien d&rsquo;autre à faire. Quand on décroche un bon poste dans les mines ou le BTP, il est possible de devenir millionnaire en 10 ans, à condition de supporter ces conditions de vie pendant ce laps de temps. Au nord de la ville, c&rsquo;est l&rsquo;océan où la concentration de méduses, sauriens et autres animaux sympathiques interdisent tout baignade. Le reste est cerné par le désert sur 500km à la ronde. À l&rsquo;horizon, les seuls reliefs dans l&rsquo;étendue désertique sont les installations minières et les tornades en formation. La ville n&rsquo;a rien de particulier, voire même rien du tout. Disons le minimum pour ce type de populace : quelques bars et un Mc Donald&rsquo;s.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/12/P1080534.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1904" title="cyclones" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/12/P1080534-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/12/P1080486.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/12/P1080486-600x450.jpg" alt="" title="P1080486" width="600" height="450" class="size-large wp-image-1923" /></a>
<p>Si on ne trouve pas forcément tout de suite le poste en or, il est en revanche aisé de décrocher un travail bien payé. Pour ma part, cela a pris 24h. L&rsquo;autre bonne surprise, qui est propre à toute l&rsquo;Australie, est de recevoir sa fiche de paie. La première fois on se demande bien ce que sont ces trois lignes qui se courent après, après avoir connu les joies indéchiffrables d&rsquo;une fiche de paie française : des primes de tenue de travail, des majorations de primes conv., des heures TEPA, du FNAL plafonné, de la FNGS, de la CSGCRDS temporaire qui dure, du FNAL déplafonné, une ligne &laquo;&nbsp;accident du travail&nbsp;&raquo; même quand on en a pas eu, de la contribution solidarité, une indemnité de trajet, une indemnité de transport, une indemnité compensation transport, une taxe sur… le transport, de la CNPO, de l&rsquo;AGFF, du chômage TA, de la retraite qu&rsquo;on aura pas, une taxe complémentaire employeur prévoyance et pour finir une ligne &laquo;&nbsp;autres charges patronales&nbsp;&raquo; qui a priori seraient trop longues à énumérer.<br />
C&rsquo;était un petit condensé d&rsquo;une vielle paie d&rsquo;apprenti sur laquelle une employée du personnel avait du passer 2 heures. Et encore, vous n&rsquo;avez sûrement pas les mêmes acronymes ou le même nombre de lignes sur la vôtre selon dans quel secteur vous êtes, pour quelle compagnie vous travaillez, à quel poste, sous quelles conventions ou accords syndicaux obscures.</p>
<p>Ici, trois lignes donc.<br />
La première fait la multiplication de vos heures effectuées avec votre taux négocié sans SMIC.<br />
La seconde est indiqué &laquo;&nbsp;Tax&nbsp;&raquo;. Des taxes (13% pour les résidents) que vous récupérez à votre sortie d&rsquo;Australie quand vous êtes étranger.<br />
La troisième ligne correspond à la retraite (Superannuation) mais vient en plus du salaire. Ce n&rsquo;est donc pas une cotisation, c&rsquo;est de la capitalisation. Le montant (calculé sur 9% du salaire) arrive sur un compte spécial retraite dans votre banque. Compte que vous pouvez bien sûr compléter à côté par un simple virement. Ce montant est également débloqué lorsqu&rsquo;on quitte l&rsquo;Australie.<br />
Et les assurances dans tout ça? Vous êtes couverts pour les accidents du travail par l&rsquo;assurance de l&rsquo;entreprise. Pour le reste, c&rsquo;est vous qui voyez. À mon avis, personne n&rsquo;a jamais souscrit d&rsquo;assurance chômage… Les Australiens ont une couverture santé gratuite.</p>
<p>Au rayon des simplifications administratives appréciables, l&rsquo;achat d&rsquo;un véhicule et les démarches qui s&rsquo;en suivent dans le Western Australia (d&rsquo;autres états d&rsquo;Australie sont plus pénibles) sont tout aussi éloignés de la situation française. On ne se rend pas dans une obscure sous-préfecture du Val de Marne avec un ticket de poissonnerie et un personnel définitivement étranger à votre démarche, alors qu&rsquo;on vient de poser une après-midi. On va au bureau de poste pour faire enregistrer le changement de propriétaire, moyennant 70$ pour mon cas. Pour la suite, pas de contrôle technique. On paye environ 500$ par an (cela comprend une assurance au tiers) pour renouveler les papiers du véhicule, sur internet, cinq minutes. On ne remplit aucun Cerfa, et si vous voulez rouler dans une poubelle, c&rsquo;est votre problème.</p>
<div id="attachment_1922" class="wp-caption alignright" style="width: 610px"><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/12/P1080478.jpg"><img src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/12/P1080478-600x450.jpg" alt="" title="voituredesert" width="600" height="450" class="size-large wp-image-1922" /></a><p class="wp-caption-text">Ma poubelle dans le bush</p></div>
<p>En revanche sur leurs routes désertes, il vous faudra toujours un casque à vélo&#8230;</p>
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		<title>Le phénomène aborigène</title>
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		<pubDate>Mon, 15 Oct 2012 08:48:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Si vous souhaitez voir un Aborigène en Australie, votre meilleure chance est de vous rendre au supermarché. Pas qu&rsquo;ils soient particulièrement attirés par les métiers de mise en rayon et de tenue de stock mais il se trouve systématiquement un petit groupe à procrastiner à l&rsquo;entrée du magasin, demander une pièce et/ou picoler. En trois mois sur place, et après avoir traversé le pays du nord-est ou sud-ouest (de Cairns à Perth), je ne me souviens pas avoir vu un seul centre commercial sans &laquo;&nbsp;aborigène glandeur&nbsp;&raquo; à l&rsquo;entrée, même au fin fond du bush. Et il est tout à fait certain que j&rsquo;ai croisé beaucoup plus d&rsquo;Abos type &laquo;&nbsp;chômeurs en fin de droits&nbsp;&raquo; qu&rsquo;en train de bosser. Selon les sources leur espérance de vie est de 10 à 20 ans plus faible que celle des autres Australiens et 10 ans de moins que la moyenne des indigènes au Canada et en Nouvelle-Zélande. Le taux de chômage et d&rsquo;incarcération est aussi beaucoup plus élevé que pour le reste de la population (un prisonnier sur cinq est aborigène alors qu&rsquo;ils ne représentent que 3% de la population). Enfin, les Nations Unis ont évalué que les Aborigènes ont la pire qualité de vie au monde après la Chine alors que l&rsquo;Australie est quatrième de ce même classement.</p>
<p>Il y a 40 ans, les sources d&rsquo;un tel phénomène auraient été limpides tant l&rsquo;histoire des Aborigènes avec l&rsquo;Australie sauce &laquo;&nbsp;colonie&nbsp;&raquo; est loin d&rsquo;être rose. Mais au-delà des innombrables injustices et violations de droits que les Aborigènes ont subi, c&rsquo;est finalement un processus de mise sous tutelle qui s&rsquo;est lentement installé et qui aboutit aujourd&rsquo;hui à la marginalisation de ces communautés.</p>
<p>En débarquant en 1770, l&rsquo;explorateur James Cook &laquo;&nbsp;offre&nbsp;&raquo; les deux tiers de l&rsquo;Australie à la Grande-Bretagne au nom du principe de Terra nullius, déclarant que le territoire était donc inoccupé. C&rsquo;est sur cette base que les Britanniques justifièrent l&rsquo;expropriation et la colonisation des terres aborigènes. Cette occupation provoqua immanquablement la colère des locaux dont les lances ne soutinrent pas vraiment la comparaison face aux armes à feu européennes. D&rsquo;après l&rsquo;historien Australien Henry Reynolds, la résistance aborigène continua pourtant pendant bien plus d&rsquo;un siècle, réussissant parfois à faire fuir les nouveaux arrivants de par leur nombre. Ce à quoi les colons répondaient par de sanglantes représailles. En marge de ces affrontements, les maladies européennes et l&rsquo;alcool ravageaient les communautés indigènes l&rsquo;une après l&rsquo;autre.</p>
<p>En 1838, sont créés les postes de Chef protecteur des Aborigènes dont le rôle consistait à veiller à leurs droits. En contrepartie un contrôle social est mis en place, jusqu&rsquo;à déterminer quels individus pouvaient se marier, où ils devaient résider, ainsi que la mainmise sur la gestion de leurs moyens financiers. La mise sous tutelle des Aborigènes débute sérieusement.<br />
La politique de &laquo;&nbsp;protection&nbsp;&raquo; se poursuit dans les années 1860 quand les Aborigènes, accusés de tuer le bétail et de menacer les colons, commencent à être déplacés dans des réserves où des missionnaires furent chargés de les convertir à la chrétienté et aux valeurs de l&rsquo;homme blanc. Ils n&rsquo;ont alors d&rsquo;autre choix que de vivre reclus dans des villages sédentaires, délaissant une vie nomade pluri-millénaire.</p>
<p>En 1869, afin de s&rsquo;assurer du bien être des enfants métisses, le gouvernement est autorisé à enlever ces enfants à leurs parents pour les placer au sein d&rsquo;institutions (missions, orphelinats, internats) ou de familles blanches. Officieusement, le gouvernement parie sur l&rsquo;assimilation biologique de ces enfants et la disparition des Aborigènes. Ces fameux &laquo;&nbsp;Chefs protecteurs&nbsp;&raquo; se distinguent quelques décennies plus tard sur la question en déclarant «<em>Toutes les caractéristiques indigènes de l&rsquo;Aborigène australien sont généralement éradiquées à la cinquième génération, et le sont invariablement à la sixième. Le problème de nos métis sera rapidement éliminé par la disparition complète de la race noire, et par la submersion rapide de sa progéniture au sein de la blanche.</em>» ou encore «<em>Eliminons les Aborigènes pur-sang et permettons la mixture des métis parmi les Blancs, et peu à peu la race deviendra blanche</em>». Ces enlèvements, aujourd&rsquo;hui connus sous le nom de Générations volées, se sont poursuivi jusqu&rsquo;en 1969 et le constat est accablant : Le rapport «Bringing Them Home» dévoilé en 1997, révèle que les enfants placés étaient souvent punis en cas de pratique de leur langue natale, afin de les couper de leurs racines. Parmi 502 cas étudiés, 17 % des filles et 8% des garçons des « générations volées » furent victimes d&rsquo;abus sexuels au sein des institutions d&rsquo;accueil, des familles d&rsquo;adoption ou au travail. Les enfants «volés» ont en moyenne, par la suite, connu un taux d&rsquo;éducation légèrement plus faible que les autres enfants aborigènes, un taux de chômage légèrement plus élevé, et un taux d&rsquo;incarcération pour crimes et délits trois fois plus élevé.</p>
<p>Les années soixante marquent le début de profonds changements à l&rsquo;égard des Aborigènes. En 1967, un référendum concernant l&rsquo;intégration des Aborigènes dans le recensement national est approuvé à 90%. Ils deviennent alors officiellement citoyens Australiens. L&rsquo;année suivante, l&rsquo;amendement du Pastoral Industry Award entérine la revendication de Vincent Lingiari, qui réclamait un salaire égal aux autres travailleurs. En effet, jusqu&rsquo;à cette date, les Aborigènes n&rsquo;étaient payés qu&rsquo;en rations alimentaires, tabac ou vêtements. En 1970, le statut de Protecteurs des Aborigènes est aboli, et deux ans plus tard, le premier ministre Gough Whitlam verse de la terre dans les mains du même Lingiari, symbolisant le retour des droits de la terre aux Aborigènes Gurindji. Le mouvement du &laquo;&nbsp;land right&nbsp;&raquo; se poursuit et en 1976, les Aborigènes peuvent revendiquer les terres non aliénées s&rsquo;ils fournissent la preuve de leur ancienneté territoriale. En 1993, la loi sur le titre de propriété foncière indigène permet de contester la légitimité des droits fonciers de la Couronne britannique. Cela fait suite à la décision un an plus tôt de la Haute Cour d&rsquo;Australie d&rsquo;invalider le principe de Terra nullius.</p>
<p>Cependant, les problèmes de discrimination ne disparaissent pas et la dépendance économique prend alors une autre forme dès les années 70. Les revendications salariales obtenues, les éleveurs ne purent plus embaucher autant qu&rsquo;avant et de nombreux Aborigènes se tournèrent vers les aides de l&rsquo;État. D&rsquo;autres, autorisés à rejoindre leurs terres ancestrales mais coupés de leurs traditions depuis des décennies, n&rsquo;auraient jamais pu survivre de la même manière que leurs aïeuls. Les campements devaient être remplacés par des maisons, il fallait amener l&rsquo;eau, l&rsquo;électricité, les routes. Les habitants des communautés se mettent alors à vivre sous perfusion d&rsquo;argent public passant d&rsquo;un statut d&rsquo;exploités à assistés, creusant encore un peu plus le fossé avec le reste de la population.</p>
<p>Dans le même temps, 50% des Aborigènes se sont aujourd&rsquo;hui intégrés à la société australienne et y occupent tout l&rsquo;éventail des métiers. Et alors que l&rsquo;espérance et les conditions de vie des Aborigènes arrosés de subventions sont catastrophiques, les leurs sont comparables à celles des Australiens non-indigènes.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/government-demotivator.jpg"><img class="alignright size-full wp-image-1870" title="government-demotivator" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/government-demotivator.jpg" alt="" width="580" height="415" /></a></p>
<p>L&rsquo;activiste aborigène, Noel Pearson, directeur du Cape York Institute for Policy and Leadership qualifie ces aides de sit-down-money (de l&rsquo;argent pour s&rsquo;asseoir) fournis par &laquo;&nbsp;l&rsquo;État nounou&nbsp;&raquo; et n&rsquo;a de cesse de critiquer leurs effets pervers.<br />
Selon lui &laquo;&nbsp;<em>le problème de base dans la réforme des affaires autochtones est analogue à celle qui faisait face à l&rsquo;économie australienne dans les années 1980 et 90: l&rsquo;absence généralisée de concurrence dans de trop nombreux secteurs de l&rsquo;économie, publics et privés. Les gouvernements ont été contraints d&rsquo;exposer les entreprises publiques et les services publics à la réforme de la compétition. La sclérose analogue affligeant la société indigène est l&rsquo;absence généralisée de la responsabilité aux niveaux individuel, familial et communautaire. Tout succès de réforme est lié au fait de prendre la responsabilité à la racine.<br />
Les bénéficiaires des aides et les politiques développent un intérêt pour la préservation de leur dépendance mutuelle. Cet intérêt se manifeste par une prise en charge de services par le gouvernement et par le fait que les bénéficiaires considèrent cette assistance comme un droit naturel.<br />
La responsabilité et le pouvoir doivent être restitués aux populations autochtones. Toutefois, le contrôle de la communauté ne fournira pas toutes les réponses. Les réformes qui redonnent le pouvoir aux communautés autochtones doivent également être accompagnées d&rsquo;un changement de comportement.</em>&laquo;&nbsp;</p>
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		<title>Dans le désert, la tête à l&#8217;envers</title>
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		<pubDate>Tue, 25 Sep 2012 08:28:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Afin de ne pas chambouler trop vite nos habitudes en arrivant sur la très civilisée terre Australienne, nous nous offrons une dernière nuit de camping improvisée dans le hall de l&rsquo;aéroport, l&rsquo;occasion d&rsquo;apprendre par le biais du technicien aspirateur que laisser traîner ses affaires sans surveillance constitue un délit passible de quelques centaines de dollars d&rsquo;amende. Neuf dollars la navette pour se rendre au centre ville, les dortoirs d&rsquo;auberge de jeunesse à 20$ la nuit, la demi-heure d&rsquo;internet à 2$, des locaux un peu moins hospitaliers, faire les courses, sa gamelle, mettre un casque sur le vélo après 10 000km sans… pas de doute, l&rsquo;Asie est loin derrière. Mais dans un sens, tant mieux puisqu&rsquo;après une nuit à tenter l&rsquo;impossible en appliquant de la glace sur un genou qui ne cessait de gonfler, il a fallu changer de crèmerie : l&rsquo;hôpital de Cairns. Quitte à se faire opérer deux fois en 4 jours pour un petit saligaud de streptocoque sous la rotule, on préfère ne pas envisager la chose dans un mouroir du Laos ou chez le chaman papou. Et à 1300$ la nuit, l&rsquo;assurance à 400€/an est largement rentabilisée.</p>
<p>La suite du programme étant programmée avec notre père et notre mère indignes (respectivement PI et MI dans les commentaires des articles), la période de convalescence n&rsquo;allait au moins pas trop pénaliser les projets &laquo;&nbsp;boulot/pognon/se refaire la cerise&nbsp;&raquo;.<br />
L&rsquo;objectif prioritaire était alors de se rendre à Perth, tout à l&rsquo;ouest, l&rsquo;exact opposé de Cairns, là où le soleil brille et que le grisbi tombe un peu plus facilement qu&rsquo;ailleurs. L&rsquo;Australie pourrait être un continent, 6000 km à se farcir avant d&rsquo;arriver à destination. Aussi nous décidions de raccourcir un peu le périple en van par un vol Cairns-Darwin.</p>
<p>Darwin, où nous entamons alors le périple durant lequel PI, MI et leur deux fils incapables se faisaient une joie de se retrouver après 16 mois d&rsquo;absence. Et parce qu&rsquo;en France notre famille est tellement dispersée dans un rayon de 100km à la ronde, un détour par le Litchfield National Park s&rsquo;imposa pour y retrouver Charly et ses drôles de potes, le cousin maître ès crêpes et glanderies en tous genres depuis quelques semaines, qui ne nous fait toujours pas le plaisir de nous raconter son périple aux antipodes. Bref, vous lui pardonnerez comme vous pourrez ce manque de bravitude, notre petit séjour a été l&rsquo;occasion de découvrir les merveilleuses créatures australiennes : les kangourous décapités, les vaches gonflées au bord de la route, les sauriens qui n&rsquo;ont pas voulu pointer le bout de leur nez, les termitières de 5m, les perruches par milliers, les grenouilles cachées sous la lunette des WC, les bed bugs et les serpents venimeux, mortels en 30 minutes quand l&rsquo;hôpital le plus proche est à 40. Tout ça est un peu gros pour la seule rubrique des chiens écrasés.<br />
Une entrée en matière prometteuse, vite refroidie par les étendues désertiques interminables qu&rsquo;on a du avaler par la suite. En cherchant bien, il doit même nous rester des grains de sable entre les incisives. Et puis, j&rsquo;ai tenté de tourner ça dans tous les sens mais il faut bien l&rsquo;admettre, traverser le désert a été d&rsquo;un ennuuuuiiiiiiiiiii…. pfiuuuuu! J&rsquo;ai donc décidé de vous épargner ça en citant Théodore Monod, alias le promeneur ou le marcheur du désert (père indigne me corrigera) : &laquo;&nbsp;Parler du désert, ne serait-ce pas d&rsquo;abord se taire, comme lui?&nbsp;&raquo;</p>
<p>Voilà, donc si on vous demande…</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240722.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1859" title="P1240722" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240722-600x337.jpg" alt="" width="600" height="337" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240732.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1860" title="P1240732" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240732-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Ce que nous retiendrons principalement de cette partie du voyage sont en fait les parties d&rsquo;échecs à l&rsquo;arrière du van (en rattrapant les pièces volantes dues aux écarts du conducteur), et les soirées de coinche épiques.</p>
<p>L&rsquo;horizon s&rsquo;éclaircissait alors que nous quittions Port Hedland, ville industrielle sur laquelle nous aurons l&rsquo;occasion de revenir dans un prochain article, et que nous entrions dans le Karijini National Park. Le parc national du Karijini, pour les non anglophones (Ouh qu&rsquo;il est taquin!). Après 3000 bornes, voici un peu de changement. Du relief pour commencer : une gorge imposante dont on peut parcourir le lit asséché. Vous savez, le genre d&rsquo;endroit où la cavalerie aime bien se faire bloquer par un gros caillou poussé par les Apaches dans Lucky Luke.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240321.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1861" title="P1240321" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240321-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Suite à cela, il fallait reprendre un peu de Théodore Monod au dessert avant d&rsquo;arriver à Exmouth pour une activité un peu moins aride : la plongée. Après avoir bêtement raté les récifs coralliens en Indonésie notamment, puis à Cairns, nous voici tout de masques et tubas vêtus, prêts à admirer goujons et carpes d&rsquo;Australie dans leur environnement. Pour illustrer l&rsquo;article, quelques photos aquatiques de Némo, ses amis et leur immense garde-manger seraient les bienvenues mais c&rsquo;est mère qui les a toutes ramenées sans dire un mot (voyez à quel niveau d&rsquo;indignation nous tombons là).</p>
<p>Nous entamons alors la descente sur Perth, encore près de 1500km mine de rien. Un dernier petit arrêt plongée pour rentabiliser le matériel, une plage de coquillages, une ville construite avec ces même coquillages, une tentative malheureuse d&rsquo;apercevoir un eu plus qu&rsquo;un petit aileron de requin et puis les &laquo;&nbsp;blow holes&nbsp;&raquo; et les &laquo;&nbsp;pinnacles.&nbsp;&raquo;<br />
Les blow holes sont des trous naturellement formés dans la roche par l&rsquo;action de l&rsquo;eau. Ainsi, à chaque fois qu&rsquo;une vague vient percuter la côte, un immense geyser s&rsquo;élève au-dessus de nos têtes. Et si on s&rsquo;aventure un peu au bord (toujours au sec, pas folle la guêpe), on est rapidement entouré par d&rsquo;immenses vagues. Joli spectacle.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240675.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1862" title="P1240675" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240675-600x898.jpg" alt="" width="600" height="898" /></a></p>
<p>Pour continuer avec des références aux BD, on pourrait croire qu&rsquo;Obélix est venu poser ses menhirs un peu plus loin qu&rsquo;en Bretagne, au Pinnacles desert. Sur place, des milliers de concrétions rocheuses calcaires pouvant atteindre plusieurs mètres ont émergé du sable dans un spectacle étonnant. Et les perruches s&rsquo;en mêlent pour notre plus grand plaisir.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240819.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1863" title="P1240819" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240819-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240882.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1864" title="P1240882" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240882-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240906.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1865" title="P1240906" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1240906-600x898.jpg" alt="" width="600" height="898" /></a></p>
<p>Juste en-dessous, Perth s&rsquo;élève, la première grande ville de notre parcours et notre point de chute pour tous les quatre. Une journée à flâner dans le parc qui surplombe la ville, puis les parents s&rsquo;envolent alors vers leur escale d&rsquo;Hong Kong et nous nous établissons à Northbridge, le quartier asiatique de la ville. Débute alors une partie un peu moins trépidante de notre voyage, anticipée mais redoutée depuis des mois : le… le… le… travail! Merde, c&rsquo;est quoi ce mot là! Après 16 mois sans bosser et des images plein la caboche, la reprise ne va pas être facile, malgré la possibilité de gagner beaucoup plus qu&rsquo;en France.</p>
<p>Qui a dit que l&rsquo;Asie nous manquait déjà?</p>
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		<title>Législatives exotiques</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2012 12:30:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>L&rsquo;évènement n&rsquo;a pas intéressé pas grand monde, tant il est vrai que le pays n&rsquo;existe pas sur la scène internationale mais des élections législatives se tenaient en Papouasie-Nouvelle-Guinée en juin et juillet derniers. Je dis juin et juillet car ces élections se sont réellement déroulées sur deux mois, les infrastructures, les traditions locales ne permettant pas de voter, connaître et diffuser les résultats en un temps record comme nous en avons l&rsquo;habitude.</p>
<p>Si ce scrutin nous intéresse aujourd&rsquo;hui c&rsquo;est que nous en avons vécu une partie de l&rsquo;intérieur, du 10 au 25 juillet. Immergés parmi la population, dormants dans les villages, sillonnants les routes du pays, nous fûmes forcés de nous entretenir régulièrement à ce sujet avec les locaux. Les résultats, nous ne les découvrirons qu&rsquo;à notre arrivée en Australie, des jours après les résultats mais sans doute bien avant certains Papous.</p>
<p>N&rsquo;étant absolument pas experts politiques, et encore moins de ce pays, nous nous garderons bien d&rsquo;en faire une analyse poussée. Nous découvrons aujourd&rsquo;hui à travers <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_papou-n%C3%A9o-guin%C3%A9ennes_de_2012" target="_blank">cet article de Wikipedia</a>, plusieurs aspects qui nous avaient échappé, ou dont nous avions vaguement entendu parler mais sans pour autant être capables de les confirmer tant les informations qui nous parvenaient localement pouvaient être contradictoires.<br />
L&rsquo;objectif ici, est plutôt de décrire l&rsquo;atmosphère du pays, l&rsquo;état d&rsquo;esprit de la population à travers ces élections, leurs ressentis, leurs attentes.</p>
<p>Dès notre arrivée, nous ne pouvions manquer l&rsquo;affiche électorale géante placardée sur le poste frontière : &laquo;&nbsp;<em>Patrick muliale n&rsquo;a pas de rêves, il a des visions</em>&laquo;&nbsp;. Le slogan peut prêter à sourire mais cela participe finalement à la même logique qu&rsquo;en France où chaque parti nous présente son messie, le seul capable de sauver la patrie. Chez nous on promet, dans un pays où l&rsquo;éducation est sous-développée on parle de rêves et de visions.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1070948.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1688" title="visions" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1070948-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<p>Ici, pas de règles sur l&rsquo;affichage, on placarde où on peut et chaque maison est volontaire pour mettre en valeur son ou ses préférés car on vote pour trois candidats, par ordre de préférence. Les magasins, les rares abri-bus, les arbres sont également sollicités comme support d&rsquo;affichage, jusqu&rsquo;à l&rsquo;intérieur des maisons. Lors de <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/07/12/quatre-jours-chez-les-blackwara/" target="_blank">notre séjour chez les Blackwara</a> nous dormions ainsi dans une pièce ornée de pancartes à l&rsquo;effigie d&rsquo;un candidat indépendant dont le nom m&rsquo;échappe. Sur les affiches, les programmes démagos sont relativement proches et la seule différence semble être le degré de corruption que les électeurs attribuent à chaque candidat.</p>
<p>C&rsquo;est ainsi que le nom de Michael Somare ressort régulièrement comme symbole de ce fléau. Il est vrai que le Sir (il a été anobli par la Reine, la PNG fait parti du Commonwealth) a une longue expérience à la tête du pays et son état ne plaide pas vraiment en sa faveur : les principales villes ne sont toujours pas reliées entre elles et l&rsquo;économie ne décolle pas malgré la proximité de pays riches (Australie, Singapour) ou émergents (Indonésie, Malaisie). Régulièrement Premier ministre depuis l&rsquo;indépendance du pays en 1975 (1975-1980, 1982-1985, 2002-2011) dont il est l&rsquo;un des artisans, Somare se paie le luxe de figurer sur les billets de 50 kinas, ce qui n&rsquo;est généralement pas très bon signe.<br />
Somare n&rsquo;est plus premier ministre au moment de l&rsquo;élection, une hospitalisation un peu trop longue lui a fait perdre son poste quelques mois plus tôt. S&rsquo;en suivra <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Crise_constitutionnelle_papou-n%C3%A9o-guin%C3%A9enne_de_2011-2012" target="_blank">une crise politique</a> et un mic-mac législatif indémêlable qui connut un point culminant lors d&rsquo;une tentative de coup d&rsquo;État fin janvier. À peu près la seule info dont nous disposions en entrant en Papouasie.</p>
<p>Nous avons tout de même rencontré quelques irréductibles défenseurs du &laquo;&nbsp;père de la nation&nbsp;&raquo; tel John, qui croit fermement à l&rsquo;honnêteté de son favori, lui qui a travaillé 21 ans pour le gouvernement. Un point de vue pas tout à fait désintéressé&#8230;</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1080419.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1687" title="somarebill" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1080419-600x301.jpg" alt="" width="600" height="301" /></a></p>
<p>Bref, la situation est plutôt tendue au moment de ces élections, il était d&rsquo;ailleurs conseillé de ne pas voyager dans le pays pendant la période électorale, jugée plus violente et dangereuse qu&rsquo;à l&rsquo;accoutumée. Sur place nous n&rsquo;avons ressenti aucune tension due aux élections malgré les choix affichés au grand jour de chaque électeur. On recense tout de même de nombreux conflits liés à ces élections. <a href="http://www.thenational.com.pg/?q=node/34697" target="_blank">Candidats</a> <a href="http://www.thenational.com.pg/?q=node/34282" target="_blank">arrêtés</a>, <a href="http://www.thenational.com.pg/?q=node/34706" target="_blank">mort, urnes détruites</a>, <a href="http://www.theaustralian.com.au/news/breaking-news/png-candidate-released-after-kidnapping/story-fn3dxix6-1226410406513" target="_blank">enlèvement</a>, etc.<br />
De plus, tout achat de bière était interdit jusqu&rsquo;au 27 juillet, date de l&rsquo;annonce des résultats définitifs, ce qui nous priva de goûter la seule bière locale, South Pacific.</p>
<p>Le vote, qui avait déjà eu lieu courant juin/début juillet, s&rsquo;est déroulé sur une semaine dans la province Sépik Occidentale, et a priori plus longtemps ailleurs, le temps pour tout le monde de se déplacer jusqu&rsquo;au bureau de vote le plus proche, ce qui peut rapidement prendre plusieurs heures assis à l&rsquo;arrière d&rsquo;un pick-up vu l&rsquo;état lamentable de certaines routes.</p>
<div id="attachment_1689" class="wp-caption alignright" style="width: 610px"><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1080152.jpg"><img class="size-large wp-image-1689" title="transportencommun" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1080152-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a><p class="wp-caption-text">Transport en commun papou</p></div>
<p>L&rsquo;heure était donc à l&rsquo;attente des résultats, diffusés partiellement à la radio au fur et à mesure que les bureaux de vote les validaient. L&rsquo;article wikipedia faisant parfois état de plusieurs dizaines de recomptages, il n&rsquo;est pas étonnant que cela traînait en longueur.<br />
Le candidat préféré du clan Blackwara était bien placé, mais une annonce radio ruina rapidement leur espoir, laissant entendre qu&rsquo;il pourrait être disqualifié car un membre de son parti avait fait de la prison. Une technique d&rsquo;élimination officieuse mais habituelle d&rsquo;après eux.</p>
<p>Malgré leur calme extérieur on sentait le moment très important pour eux, qu&rsquo;ils attendaient beaucoup de ces élections. Hormis les partisans de Somare qui nous paraissaient bien naïfs sur l&rsquo;intégrité du garçon, tous souhaitaient en premier lieu la fin de la corruption qui serait la source de tous leurs problèmes. Et pendant que le gouvernement annonçait manquer cruellement d&rsquo;argent pour financer des infrastructures, les Papous se plaignaient de la pression fiscale déjà trop forte. On ignore de quels montants ils devaient s&rsquo;acquitter mais passées quelques routes goudronnés, on ne voit pas vraiment où leur argent a été investi ces dernières décennies. Sur place, nous n&rsquo;avons jamais vraiment réussi à savoir de quel bord était chaque candidat, les notions de socialisme, conservatisme ou libéralisme leur étant assez étrangères et les programmes promettant tous peu ou prou la même chose. On se tournait vers le candidat qui habitait le moins loin&#8230;</p>
<p>Les résultats de ces élections annoncent tout de même un changement notable : Somare a été réélu député mais son parti (Parti de l&rsquo;alliance nationale) ne recueille que 7 sièges sur 111 contre 27 auparavant, passant du même coup de première à quatrième force politique du pays. C&rsquo;est son grand rival Peter O&rsquo;Neill (Congrès national populaire) qui remporte le pactole avec 27 sièges, suivis de Don Polye (Parti rural du triomphe, du patrimoine et de la responsabilisation, 12 sièges) et Belden Namah (Parti de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, 8 sièges). Les 64 sièges restants se partagent entre 18 autres partis et 19 candidats indépendants.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1080385.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1699" title="arbrepngelection" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/06/P1080385-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<p>Reste à voir si ce nouveau renversement de l&rsquo;échiquier politique papou sera suivi dans les faits. O&rsquo;Neill n&rsquo;est pas un petit nouveau en politique (il participa plusieurs fois aux gouvernements de Somare avant d&rsquo;en être l&rsquo;opposant) et ses promesses électorales fleurent bon la démagogie de bas étage : l&rsquo;éducation et la santé gratuite, quelques mois avant les élections.<br />
Tandis qu&rsquo;il faudra de toute façon patienter encore de longues années avant de voir la Papouasie-Nouvelle-Guinée se placer dans la cohorte des pays émergents de la région, d&rsquo;éventuels changements seraient vite remarquables sur place à cause du sous-développement actuel : le transport maritime est quasiment inexistant (pour le plus grand bonheur des quelques compagnies aériennes, le comble sur une île), certaines pistes n&rsquo;ont été créées que grâce à d&rsquo;intrépides entrepreneurs malaisiens, l&rsquo;électricité n&rsquo;émerge que de quelques kilomètres autour des villes, et la capitale, Port Moresby, n&rsquo;est toujours pas reliée par la route aux autres villes.</p>
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		<title>Guerre de clans papous</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Sep 2012 12:25:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[Après 5 heures passées au fond d&#8217;une coque de noix propulsée par deux moteurs surdimensionnés, nous retrouvons la terre ferme à Aitape, prêts à reprendre la route à vélo. Pour faire court, les 150 bornes jusqu&#8217;à Wewak ne sont parcourues &#8230; <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/09/21/guerre-de-clans-papous/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après 5 heures passées au fond d&rsquo;une coque de noix propulsée par deux moteurs surdimensionnés, nous retrouvons la terre ferme à Aitape, prêts à reprendre la route à vélo.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080085.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1765" title="Papouasie Nouvelle Guinée - Aitape" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080085-600x337.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée - Aitape" width="600" height="337" /></a></p>
<p>Pour faire court, les 150 bornes jusqu&rsquo;à Wewak ne sont parcourues que par des 4X4 et camions. La plupart du parcours est constituée de gros cailloux, de boue jusqu&rsquo;aux genoux, de chemins de terre défoncés et d&rsquo;innombrables rivières à traverser, voire à emprunter lorsque la route et le lit de la rivière ne font qu&rsquo;un.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080151.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1766" title="Papouasie Nouvelle Guinée - Transport public" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080151-600x337.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée - Transport public" width="600" height="337" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080173.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1767" title="Papouasie Nouvelle Guinée" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080173-600x450.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée" width="600" height="450" /></a></p>
<p>Les locaux sont toujours aussi accueillants, loin des racailles alcoolisées décrites par nos premiers hôtes. Pas une journée ne passe sans qu&rsquo;on nous offre du poisson séché, des noix de coco, pastèques ou ananas, et nous avons toujours une vingtaine de curieux pour nous observer pendant nos repas en bord de route. Lorsque nous demandons l&rsquo;autorisation de squatter la plage paradisiaque d&rsquo;un village pour faire trempette, un cours de navigation s&rsquo;improvise.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1220916.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1768" title="Vélo en Papouasie Nouvelle Guinée" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1220916-600x898.jpg" alt="Vélo en Papouasie Nouvelle Guinée" width="600" height="898" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1220798.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1769" title="Papouasie Nouvelle Guinée" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1220798-600x401.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée" width="600" height="401" /></a></p>
<p>Nos expériences en ville sont très différentes. En quête d&rsquo;une auberge à Wewak, un garde nous ouvre furtivement une porte haute surmontée de barbelés et la referme en toute hâte derrière nous. L&rsquo;intérieur a un air de prison délabrée, à des lieues du prix indécent qu&rsquo;on nous annonce. Les commerces de la ville sont entourés de barbelés et les gardes filtrent les clients comme dans un aéroport, un par un. En fin d&rsquo;après-midi des épaves alcooliques font leur apparition et les locaux nous conseillent d&rsquo;éviter certaines rues, moins sures. L&rsquo;ambiance devient pesante. La ville enroulée autour d&rsquo;un lagon bleu perd tout son charme le soir. Tant pis pour le confort, nous filons au port attraper le bateau pour Madang qui ne part que deux fois par semaine.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1230005.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1770" title="Papouasie Nouvelle Guinée - Bateau" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1230005-600x400.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée - Bateau" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Le bateau et son moteur défectueux nous rajoutent 8 heures au trajet. Il s&rsquo;agit autant d&rsquo;un transport de passagers que de noix de betel. Dans le hangar du port où nous passerons la nuit, les sacs du précieux contenu se vendent aux enchères et partent directement dans les Highlands (les « hautes terres », les montagnes de PNG, où les noix de betel ne poussent pas) pour être vendus 3 à 4 fois le prix de départ lorsque la cargaison est acheminée jusqu&rsquo;à Mont Hagen, dernière grande ville des montagnes. Les noix se négocient directement dans le hangar et pas une noix ne sort avant d&rsquo;avoir payé au port une taxe par sac qui correspond au coût du transport. L&rsquo;acheteur loue ensuite un PMV (un genre de minibus taxi) pour partir dans les Highlands. 20K (kina) par sac et 100K par personne. Pour 3 personnes et 10 sacs d&rsquo;environ 30kg, l&rsquo;aller simple à Goroka à 350km revient à 200€. Une noix vendue 20 toyas (0.20K) sur le lieu de récolte peut grimper jusqu&rsquo;à 1K (0.4€), au prix d&rsquo;une cigarette dans la plupart des villes papoues. Et les cigarettes, même celles produites localement, coûtent plus cher qu&rsquo;en France (7,75€ les 20) et reflètent le prix exorbitant de tous les aliments en Papouasie. Le pays produit très peu de nourriture (autre que fruits et légumes) et importe la plupart depuis l&rsquo;Australie notamment.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080220.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1771" title="Papouasie Nouvelle Guinée - Betel nut" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080220-600x450.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée - Betel nut" width="600" height="450" /></a></p>
<p>À Gusap, sur la route pour Lae, nous découvrons pourquoi les Papous surnomment leur pays « le pays de l&rsquo;inattendu ». À l&rsquo;approche d&rsquo;une ville, des locaux nous arrêtent en bord de route. Ils sont une cinquantaine, armés de lances et d&rsquo;arcs aux flèches peintes et certains sont recouverts de boue sèche. Nous sommes arrivés au milieu d&rsquo;une guerre de clans. Tous sont assis sur la pelouse entretenue, à l&rsquo;ombre des arbres et se passent des miches de pain pour prendre des forces avant la bataille. Sans la sur-abondance d&rsquo;armes blanches, on se croirait au milieu d&rsquo;un pique-nique. Ils ne portent pas de costume particulier, seulement les mêmes fringues crasseuses de tous les jours, la boue en plus. Une semaine auparavant un type a planté un couteau dans la main d&rsquo;un autre. Le clan de la victime a demandé 10.000 kinas (3900€) en réparation au clan du second. L&rsquo;offre a été refusée et de fait, une guerre déclarée. Les hommes de chaque clan sont alors d&rsquo;office mobilisés et vont se battre avec ce qu&rsquo;ils ont sous la main : arcs, flèches, lances ou machettes. Comme n&rsquo;importe quel pays, la PNG a des tribunaux et des juges, mais les clans se débrouillent la plupart du temps seuls, s&rsquo;improvisant médiateur et juge. La justice passe soit par l&rsquo;argent, soit la baston. Autant dire qu&rsquo;en cas de pépin, il vaut mieux filer direct à la police qu&rsquo;avoir à faire aux locaux.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080343.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1772" title="Guerriers papous" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080343-600x449.jpg" alt="Guerriers papous" width="600" height="449" /></a></p>
<p>D&rsquo;une manière ou une autre, les deux clans se sont plus ou moins donné rendez-vous aujourd&rsquo;hui pour se mettre sur la tronche. Le clan des montagnes (de l&rsquo;agresseur) se cache apparemment dans les champs de canne à sucre aux alentours. Pour se mettre dans l&rsquo;ambiance, ils ont lancé plusieurs feux dans les champs autour du village, la manière papoue de sonner le clairon pour annoncer la bataille.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1230262.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1773" title="Papouasie Nouvelle Guinée - champs brûlés" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1230262-600x400.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée - champs brûlés" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Les locaux autour de nous écoutent leur chef dans leur langue natale (une parmi les 800 autres utilisées en PNG) leur parler tactique de guerre ou macramé, on ne saura jamais étant donné qu&rsquo;eux seuls peuvent communiquer dans cette langue. De l&rsquo;autre côté de la route, un petit détachement de policiers assistent aux événements, impuissants. Pas très stressés pour autant, ils prennent docilement la pose devant notre objectif alors que les guerriers peints ne nous ont pas permis d&rsquo;en faire autant. Ils ne craignent pas vraiment les débordements puisqu&rsquo;une guerre de clan n&rsquo;implique que les hommes des clans concernés. Autour, la vie suit son cours dans le village de Gusap, les commerces sont ouverts et personne ne montre un quelconque signe d&rsquo;inquiétude. Les locaux qui nous expliquent la situation font parti de clans différents et sont aussi peu concernés par la guerre en cours que nous. Tous nous assurent que nous ne craignons rien si nous continuons notre chemin.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080350.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1775" title="Papouasie Nouvelle Guinée - police" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080350-600x442.jpg" alt="Papouasie Nouvelle Guinée - police" width="600" height="442" /></a></p>
<p>Les événements se déroulent lentement et personne n&rsquo;a l&rsquo;air motivé à aller se faire charcuter. Nous sommes déjà arrêtés depuis une heure et nous devons repartir pour trouver un campement avant la nuit. Au moment de les quitter, je m&rsquo;arrête à l&rsquo;écart du groupe de Papous armés et braque mon appareil sur eux avec une certaine appréhension suite à leur premier refus. Tous se rejoignent et brandissent leurs armes en criant, comme pour se donner du coeur à l&rsquo;ouvrage.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1230256.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1774" title="Guerriers papous" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1230256-600x400.jpg" alt="Guerriers papous" width="600" height="400" /></a></p>
<p>À la suite de cette inhabituelle journée et quelques 150 km supplémentaires, un streptocoque écourtera notre séjour en PNG en squattant le genou de Grégory. On ne saura pas s&rsquo;il vient des rivières qui nous ont servi de douche ou du bateau où nous dormions par terre. Une micro coupure suffit. Nous croyons au départ à une inflammation quelconque, jusqu&rsquo;à ce que le genou prenne un volume démesuré et que la jambe ne plie plus. Nous sautons dans deux avions d&rsquo;affilée et dormons dans leurs aéroports respectifs avec la bénédiction du personnel. Les Papous n&rsquo;en finissent pas de nous étonner lorsque nous arrivons au premier aéroport avec trop peu d&rsquo;argent pour nos deux vols et qu&rsquo;il n&rsquo;y a ni change ni distributeur à moins de 40 km. Après leur avoir montré notre maigre reste de kinas, ils nous dirent simplement « Donnez moi ce que vous avez et c&rsquo;est bon ».</p>
<p>L&rsquo;aéroport de Port Moresby fermait la nuit et nous devions prendre un vol le lendemain. Le premier gardien nous a donné sa bénédiction pour dormir à l&rsquo;intérieur et nous a fait faire le tour du propriétaire au pas de course. Quelques minutes plus tard il appelait un ami chauffeur pour m&rsquo;emmener faire des courses en ville. Grégory et moi étions tous les deux malades en plus de l&rsquo;infection du genou. Une employée de nuit prit pitié de nous et nous rapporta petits gâteaux et boissons.</p>
<p>Je termine sur ces faits anodins car la générosité des Papous est ce qui représente le mieux la Papouasie Nouvelle Guinée. Les locaux ne sont pas intéressés par votre porte monnaie mais par vos histoires. La nature leur donne presque toute la nourriture dont ils ont besoin et le reste nécessite peu d&rsquo;efforts. Une vie sans grandes distractions, mais simple et douce. Pour les intéressés, n&rsquo;hésitez plus, les locaux vous adopteront et vous considéreront comme l&rsquo;un des leurs.</p>
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		<title>Terroristes biologiques</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jul 2012 03:21:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Savez-vous à quel point les australiens sont flippés de se retrouver avec un virus inconnu sur les bras, un poulet à trois pattes ou un lapin crétin qui contaminerait tout le reste du cheptel ? C&#8217;est arrivé en 1859 lorsqu&#8217;un &#8230; <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/07/24/terroristes-biologiques/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Savez-vous à quel point les australiens sont flippés de se retrouver avec un virus inconnu sur les bras, un poulet à trois pattes ou un lapin crétin qui contaminerait tout le reste du cheptel ? C&rsquo;est arrivé en 1859 lorsqu&rsquo;un chasseur britannique importa 12 couples de lapins et pas assez de cartouches. Les lapinous se retrouvèrent 600 millions 50 ans plus tard ! N&rsquo;ayant pas de prédateur en Australie, les lapins furent plus gloutons que Taz lui-même et entraîna une chute de population chez les autres animaux. Pour tenter d&rsquo;endiguer le problème, 3000km de barrière ne serviront à rien, ainsi que 2 virus et des renards qui ne s&rsquo;attaqueront pas tout à fait aux bonnes bestioles. Depuis les australiens se méfient de chaque bactérie qui pourrait venir perturber l&rsquo;équilibre biologique de leur continent.</p>
<p>On était également au courant, et après 2 semaines à patauger dans la gadoue en Papouasie Nouvelle Guinée, un grand nettoyage était au programme avant de quitter le pays. Les vélos étaient recouverts de boue, leur housses remplies de terre séchée et nos sacs avaient acquis un voile grisâtre uniforme au court des derniers mois.</p>
<p>Bien sûr c&rsquo;était évidemment sans compter deux diarrhées carabinées et une grosse infection du genou. Bref, on est arrivés tout cradingues sur l&rsquo;immaculée Australie, incertains de ce qui nous arriverait à la douane de M. Propre™.</p>
<p>Dans l&rsquo;avion il faut remplir la classique petite fiche d&rsquo;immigration. Cette fois on ne nous demande pas si nous sommes des terroristes, mais si nos chaussures sont bien propres et nos aisselles parfumées. On a évidemment la grille gagnante : &laquo;&nbsp;a été au contact d&rsquo;animaux, de fermes, de végétaux et bactéries en tout genre&nbsp;&raquo;. On est officiellement estampillés terroristes biologiques.</p>
<p>Débarqués de notre mini avion rempli d&rsquo;Australiens tout propres, notre dégaine et les petites fiches jaunes nous trahissent de suite. Notre dernière douche remonte à plusieurs jours et nous avons passé la nuit dans l&rsquo;aéroport de Port Moresby, entre un coin de moquette et les toilettes.</p>
<p>Alors que le terminal finit de se vider, nous vidons nos sacs devant les &laquo;&nbsp;douaniers biologistes&nbsp;&raquo; à la recherche du précieux germe qui pourrait chambouler tout l&rsquo;écosystème australien. Toutes nos affaires sont enveloppées dans des sacs plastiques (en cas de pluie et d&rsquo;étanchéité ratée) dont certains révèlent quelques surprises, tel un sac de fringues humides à l&rsquo;odeur pestilentielle. Nos amis douaniers sont en face d&rsquo;un cas d&rsquo;étude et sont tout excités à l&rsquo;idée de trouver une nouvelle espèce d&rsquo;insecte plutôt que de courir après des pommes. Hé oui ne comptez pas importer une pomme en Australie, Terroristes !</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1230387.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1836" title="Aéroport de Cairns" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1230387-600x400.jpg" alt="Aéroport de Cairns" width="600" height="400" /></a></p>
<p>On se retrouve tous les quatres à aspirer les recoins des sacs et à nettoyer les vélos dans une douche géante à la brosse à dent et au dégraissant. Le visage de ma douanière s&rsquo;éclaire lorsque je déplie les tentes. De petits insectes morts étaient coincés dans la toile intérieure. Ni une ni deux, elle en prélève une partie, toutefois un peu déçue de ne pas avoir trouvé d&rsquo;oeufs (l&rsquo;ennemi public).</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080421.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1825" title="douane1" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/09/P1080421-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<p>Après 2 heures de nettoyage de printemps, nous sommes autorisés à entrer en Australie, <strong>propres</strong>. Pour fêter ça, on passera notre première nuit sur le sol, <strong>propre,</strong> de l&rsquo;aéroport.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1230389.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1838" title="Aéroport de Cairns" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/10/P1230389-600x400.jpg" alt="Aéroport de Cairns" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Quitte à être paranos, les australiens se sont également dit &laquo;&nbsp;pourquoi pas interdire l&rsquo;importation de fruits et légumes en Western Australia !?&nbsp;&raquo; (Le Western Australia est l&rsquo;état à l&rsquo;ouest qui fait environ la moitié de l&rsquo;Australie). Ainsi, au beau milieu de nul part trône une douane dont la tâche est d&rsquo;empêcher la contrebande de fruits et légumes. Certains font des saisies de cocaïne&#8230; eux traquent les bananes et carottes illégales. À  n&rsquo;en pas douter, un acte certainement indispensable pour conserver l&rsquo;équilibre écologique de cette région dont les frontières ont été tracées à la règle.</p>
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		<title>Voyager en dinghy-class</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Jul 2012 22:22:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alex</dc:creator>
				<category><![CDATA[Non classé]]></category>

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		<description><![CDATA[La Papouasie Nouvelle Guinée est un pays qu&#8217;il vaut mieux parcourir sans agenda. Si une pluie torrentielle n&#8217;empêche pas votre voiture de traverser une rivière, la fiabilité toute relative des locaux peu habitués à entreprendre quoi que ce soit finira &#8230; <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/07/15/voyager-en-dinghy-class/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La Papouasie Nouvelle Guinée est un pays qu&rsquo;il vaut mieux parcourir sans agenda. Si une pluie torrentielle n&rsquo;empêche pas votre voiture de traverser une rivière, la fiabilité toute relative des locaux peu habitués à entreprendre quoi que ce soit finira bien d&rsquo;achever votre parcours bien ficelé.</p>
<p>Heureusement, on avait rien prévu. Après 4 jours à se la couler douce parmi nos hôtes, <a href="#">le clan Blackwara</a>, il devenait plus que temps de reprendre la route. L&rsquo;organisation du transport ne semblant pas leur fort, nous primes les choses en main en rebroussant le chemin jusqu&rsquo;à Vanimo pour trouver nous même un dinghy. Le dinghy est un petit bateau pour 6-8 passagers qui a la fâcheuse tendance de se renverser dès que la mer s&rsquo;agite un peu. À part le moteur, tout est d&rsquo;une seule pièce en fibre de verre, une grosse coquille vide, sans sièges ni toit, et évidemment sans toilettes. Les conditions idéales pour le voyage de 5 heures sans interruption qui nous attend, qu&rsquo;il pleuve ou que la mer s&rsquo;agite.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P1080068.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1745" title="Dinghy boat" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P1080068-600x450.jpg" alt="Dinghy boat" width="600" height="450" /></a></p>
<p>En route pour Vanimo nous croisons Jerry, un jovial glandeur professionnel censé partir avec nous, accompagné de sa famille.</p>
<ul>
<li>Hey Jerry, we see you in Vanimo ?</li>
<li>Yes, I find a car and and see you there.</li>
</ul>
<p>Mais non, Jerry ne viendra pas, overbooké sans doute. Jerry était le spécialiste des discours foireux dès que l&rsquo;occasion se présentait, à faire des bilans creux et des plans sur la comète, solennellement, façon remise de prix nobel :  « Alexandre, Grégory, vous êtes parmi nous depuis 3 jours&#8230; vous mangez comme nous et dormez comme nous. On parle de votre pays et du monde extérieur, on apprend des choses&#8230; ». Ça ne menaient jamais à rien, jamais de question, seulement de plats constats. Nous acquiescions de la tête, un sourire poli. Les papous sont fascinés par n&rsquo;importe quel sujet mais ne posent jamais de question et la seule réaction que vous pouvez attendre d&rsquo;eux est un tic de surprise ou désapprobation en faisant claquer leur langue sur leur palais. Sans télévision ni journaux à la campagne, ils ne connaissent presque rien du monde extérieur. Le peu qu&rsquo;ils connaissent, ils le répètent 10 fois comme si c&rsquo;était la première en ayant le sentiment de vous révéler une info capitale même s&rsquo;il s&rsquo;agit de vous dire pour la centième fois que leur principale nourriture est le <a title="Sago - Wikipedia" href="http://en.wikipedia.org/wiki/Sago">sago</a>. Un jour j&rsquo;ai dessiné Jester, un chasseur du village. Il a montré le dessin à d&rsquo;autres jeunes du camp en leur répétant une demi-heure où nous étions tous les deux assis dans la pièce lorsque je l&rsquo;ai dessiné. Un fait sans intérêt. Chez eux c&rsquo;est une histoire, chez nous une anecdote que nous n&rsquo;aurions même pas idée de partager.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P1220751.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1744" title="Dinghy boat" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P1220751-600x400.jpg" alt="Dinghy boat" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Au port de Vanimo on embarque sur un dinghy direction Aitape. Le pilote place les passagers symétriquement de part et d&rsquo;autre du bateau pour l&rsquo;équilibrer puis on s&rsquo;élance à toute allure en rebondissant sur une mer ondulante. Chanceux, nous avons droit à une planche de bois en travers du bateau pour s&rsquo;assoir, planche qui glissera lentement en arrière jusqu&rsquo;à ce que je me retrouve sur le dos, au fond du bateau. Pour parler il faut hurler pour couvrir le bruit des moteurs. Aux abords des villages, des pêcheurs sur des bateaux rudimentaires taillés à même un arbre sont disséminés à la surface de l&rsquo;eau. Nous filons au travers à toute vitesse pendant que les gens font coucou. Ils aiment bien dire bonjour aux connus ou inconnus. Ça occupe, et ils sont encore plus vifs quand ils aperçoivent les deux blancs becs que nous sommes. À l&rsquo;horizon, la surface de l&rsquo;eau frétille&#8230; Le bateau ralentit, le conducteur a repéré un banc de gros poissons. Il amorce un long virage en déroulant sa ligne pleine d&rsquo;hameçons. Les passagers en profitent pour s&rsquo;allumer une clope ou recommencer à mâcher de la noix de betel. Ils peuvent maintenant cracher leur excès de salive rougie hors du bateau sans s&rsquo;en prendre plein la tronche. Tout le monde scrute la ligne à l&rsquo;affut de la moindre agitation. Je vous laisse imaginer comment ça se passerait en France si le conducteur du bus que vous venez de payer une petite fortune s&rsquo;arrête en chemin pour se gratter un Bingo.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P10800751.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1747" title="Dinghy boat - pêche" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P10800751-600x800.jpg" alt="Dinghy boat - pêche" width="600" height="800" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P1080085.jpg"><img class="alignnone size-large wp-image-1748" title="Dinghy boat - pêche" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/08/P1080085-600x337.jpg" alt="Dinghy boat - pêche" width="600" height="337" /></a></p>
<p>Arrivés à Aitape la ville est tout aussi lugubre que Vanimo, les rues occupées par quelques locaux éparpillés, figés dans une pesante atmosphère. Les supermarchés sont mieux gardés qu&rsquo;un coffre fort, sans fenêtres et entourés de gardes et barbelés. Pas très engageant. Un ivrogne nous portant beaucoup d&rsquo;intérêt fini de nous convaincre de mettre rapidement les voiles direction Wewak, à 150km de là.</p>
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		<title>Quatre jours au Blackwara Camp</title>
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		<pubDate>Thu, 12 Jul 2012 08:36:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Greg</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Suite à notre courte escale dans la ville de Jayapura et une laborieuse journée de vélo pour rejoindre la frontière, nous voici officiellement en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), pays inconnu, réputé dangereux, primitif voire cannibale. Un cocktail détonnant que nos avons hâte &#8230; <a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/2012/07/12/quatre-jours-chez-les-blackwara/">Continue reading <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Suite à notre courte escale dans la ville de Jayapura et une laborieuse journée de vélo pour rejoindre la frontière, nous voici officiellement en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), pays inconnu, réputé dangereux, primitif voire cannibale. Un cocktail détonnant que nos avons hâte de découvrir, toujours accompagnés de notre organisation approximative.</p>
<p>Nous sommes alors rapidement rassurés sur la possibilité de longer la côte en vélo, la route de la frontière à Vanimo étant relativement plate, recouverte d&rsquo;un beau bitume, peuplée d&rsquo;autochtones des plus hospitaliers et bordée de plages &laquo;&nbsp;carte postale&nbsp;&raquo; à notre entière disposition. Même pas le temps de penser aux puk-puks, ces crocodiles des mers locaux pouvant atteindre les sept mètres.</p>
<p>Bref, un départ parfait malheureusement freiné après quarante kilomètres quand nous apercevons au loin une voie cabossée et montagneuse qu&rsquo;on venait de nous promettre à la sortie d&rsquo;un &laquo;&nbsp;supermarché&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220602.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1659" title="routevanimo" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220602-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Tant pis pour les plages désertes et nos mollets, nous nous engageons une bonne heure dans ce chemin de croix quand un groupe de Papous nous stoppent, d&rsquo;abord pour nous offrir spontanément bananes, boissons chocolatées, biscuits (et finalement tout ce qu&rsquo;il était possible de tenir dans quatre mains), puis pour nous proposer l&rsquo;hébergement pour la nuit. La décision ne fut pas difficile à prendre devant tant de bienveillance et nous étions admis dans le clan Blackwara (Pierre noire).</p>
<p>Le clan a un chef, dont le pouvoir se transmet de façon héréditaire depuis que les Australiens ont donné ce privilège à un de ses aïeuls. On est loin du glamour japonais autour de leur empereur descendant d&rsquo;une lignée divine mais tout le monde semble respecter cette filiation promue par les colons.<br />
La PNG est ainsi divisée en clans et l&rsquo;intégration d&rsquo;un nouveau clan passe forcément par l&rsquo;aval du chef. Les changements sont nombreux et les refus plutôt rares puisqu&rsquo;il est généralement interdit de se marier au sein d&rsquo;un même clan. Il s&rsquo;agit donc la plupart du temps de &laquo;&nbsp;regroupement familial&nbsp;&raquo;.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1080030.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1673" title="gaminsblackwara" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1080030-600x450.jpg" alt="" width="600" height="450" /></a></p>
<p>Rapidement nos hôtes nous indiquent qu&rsquo;il est hors de question de continuer en vélo, la route étant beaucoup trop dangereuse : attaques fréquentes, souvent mortelles, rivières infranchissables, etc. Nous avons fait fi des conseils glanés épisodiquement sur internet mais rien ne vaut en principe les conseils des locaux. Après avis, Aitape, Wewak, Bogia, Madang, Lae, Port Moresby, tous ces villes étaient pires les unes que les autres, certains villages ne seraient composés que de Raskolls (les kaïra locales, le plus souvent drogués ou alcooliques) et les anecdotes les plus horribles accompagnent leur récit. Nous connaissions la réputation du pays avant d&rsquo;arriver mais jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui, nous avions toujours été rassurés par les populations quand nous devions traverser un pays risqué. Nous nous fions donc une fois de plus à leur jugement mais si nous voulons voir un peu du pays, il faudra tout de même penser à passer outre leur bons conseils de temps en temps.<br />
Ils promettent alors de nous arranger un véhicule pour le lendemain, qui se rendrait à Wewak. Par &laquo;&nbsp;<em>arranger</em>&laquo;&nbsp;, il faut comprendre stopper un des nombreux pick-ups en espérant qu&rsquo;il ait de la place à l&rsquo;arrière. Ce qui ne doit poser aucun problème.</p>
<div id="attachment_1676" class="wp-caption alignright" style="width: 610px"><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220691.jpg"><img class="size-large wp-image-1676" title="boyshouse" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220691-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">La boy&rsquo;s house, la cabane où nous dormons</p></div>
<p>À l&rsquo;intérieur du camp, le stress n&rsquo;est pas au rendez-vous. Les hommes, c&rsquo;est bien simple, ne font strictement rien de la journée, pendant que les femmes s&rsquo;occupent du jardin, de la cuisine et de vendre quelques bricoles au bord de la route. On est tout de même loin de la grosse activité d&rsquo;un côté comme de l&rsquo;autre.<br />
Tous mâchent et raffolent des noix de betel, qui, associées à de la moutarde et du &laquo;&nbsp;lime&nbsp;&raquo; (de la chaux?) rendent les dents rouges vives. Ces sourires sanguinaires nous accompagnent depuis notre escale de ferry à Nabire. La consommation est tellement importante qu&rsquo;on compte presqu&rsquo;autant d&rsquo;arbres à noix de betel que de cocotiers.</p>
<div id="attachment_1657" class="wp-caption alignright" style="width: 610px"><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220686.jpg"><img class="size-large wp-image-1657" title="betel" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220686-600x898.jpg" alt="" width="600" height="898" /></a><p class="wp-caption-text">Et la cueillette? Facile.</p></div>
<p>Le soir, les hommes se réunissent dans la boys&rsquo; house où les femmes n&rsquo;ont pas le droit d&rsquo;entrer afin de &laquo;&nbsp;<em>telling stories</em>&laquo;&nbsp;. Une petite appréhension nous envahit d&rsquo;abord à l&rsquo;idée de devoir nous acquitter d&rsquo;un rôle de conteur. En réalité, nous attend une soirée glandouille pendant laquelle tout le monde se regarde dans le blanc des yeux si nous ne posons pas quelques questions.</p>
<div id="attachment_1668" class="wp-caption alignright" style="width: 610px"><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220613.jpg"><img class="size-large wp-image-1668" title="john" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220613-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a><p class="wp-caption-text">John, grand chasseur brecouille</p></div>
<p>Première nuit sur le plancher, c&rsquo;est bon pour le dos paraît-il. Nous ne sommes pas vraiment convaincus au réveil. Nos sacs sont prêts dans le cas d&rsquo;un départ précipité dans une voiture mais rien ne laisse penser que quelqu&rsquo;un s&rsquo;occupe de trouver un transport. On nous emmène &laquo;&nbsp;wash-wash&nbsp;&raquo; à la rivière, où les enfants jouent la plupart de la journée sur un toboggan formé par le courant au fil des ans. Une feuille de bananier sous le postérieur et voici un parc aquatique improvisé se finissant souvent par une grosse gamelle.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220666.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1670" title="toboggan" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220666-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220725.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1669" title="alextoboggan" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220725-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p>Le repas, composé de bananes vertes, de bread-fruits (fruit qui rappelle le goût du pain) cuits au feu de bois et de noix de coco est plutôt fade. Les heures passent et aucun véhicule ne semble être disponible. Autant faire bref, ils vont nous faire le coup tous les jours, nous racontant des tas de problèmes invraisemblables, qu&rsquo;il n&rsquo;y a aucun bateau, aucun véhicule alors que nous savons pertinemment à travers le guide qu&rsquo;on nous a offert qu&rsquo;il y en a tous les jours. Ils doivent sans cesse arranger un transport via un ami qui connaît un beau frère d&rsquo;un cousin qui aurait une voiture ou un bateau selon les versions. Ils se rendent à Vanimo des journées entières, revenant soit bredouilles, soit bourrés.</p>
<p>Leur hospitalité étant des plus attentionnée, nous comprenons qu&rsquo;ils veulent en réalité que nous restions mais n&rsquo;osent pas nous le demander directement. Nous restons quatre jours parmi eux, plus ou moins volontairement.<br />
Pendant notre séjour, chacun souhaitait s&rsquo;occuper des deux blancs, ce qui nous valait parfois de voir arriver 3 repas copieux au lieu d&rsquo;un. Et tous les jours des montagnes de biscuits, des fruits, des dizaines de gamins à poil pour &laquo;&nbsp;wash-wash&nbsp;&raquo; avec nous et la nuit tombée, nous repartions dans une séance de &laquo;&nbsp;<em>telling stories</em>&laquo;&nbsp;. Ces petites réunions deviennent vite ennuyeuses puisque ne faisant rien de leur journée, ils n&rsquo;ont rien à raconter. Nous parlons alors plusieurs fois de notre voyage, suscitant beaucoup d&rsquo;intérêt mais peu de questions en retour.<br />
Côté médecine, les accouchements se passent à l&rsquo;hôpital local, qu&rsquo;il faut payer. Et pour tout le reste, il y a la feuille de salat, une plante sauvage avec laquelle ils frappent la zone douloureuse. Mal de ventre, hématome, foulure, fracture? Salat. Après essais, ça semble bien n&rsquo;être qu&rsquo;une ortie dont nous doutons fortement de la capacité à soigner les fractures.<br />
Et en cas d&rsquo;échec, amputation maison ?</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1080058.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1675" title="amputation" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1080058-e1345116855581-600x800.jpg" alt="" width="600" height="800" /></a></p>
<p>Pour communiquer, rien de plus facile puisqu&rsquo;ils sont nombreux à parler anglais ou tok pisin, un mélange de dialecte papou et d&rsquo;anglais développé il y a un siècle quand les Allemands contrôlaient l&rsquo;île de Papouasie.<br />
Good morning=morning<br />
Good afternoon=apinoon<br />
Thank you=tenkyou<br />
My name is=name do me<br />
Your name is=name do you</p>
<p>À l&rsquo;école, ils apprennent donc dans l&rsquo;ordre le dialecte locale, le tok pisin, puis l&rsquo;anglais. Quand ils peuvent s&rsquo;y rendre, car l&rsquo;école la plus proche du clan est à 20km. Nous leur avons soumis l&rsquo;idée de faire cours sur place, les enfants étant tout de même assez nombreux et les hommes ayant une propension assez impressionnante à la procrastination. Mais un silence de plomb a suivi notre suggestion&#8230; Ils semblèrent un peu plus enthousiastes lorsque nous avons parlé d&rsquo;hydroélectricité, croquis à l&rsquo;appui, au lieu de bricoler des montages avec des batteries de deux roues mais nous sommes bien persuadés qu&rsquo;aucun n&rsquo;a entrepris le moindre projet en ce sens depuis notre passage. Un homme, présenté comme un &laquo;&nbsp;grand chasseur&nbsp;&raquo; n&rsquo;a rien attrapé durant notre séjour et le seul épisode de chasse qui nous a été rapporté s&rsquo;est soldé par une fin prématurée causée par une panne de lampe électrique&#8230;<br />
Nous comprenions vite que nous avions à faire à des gens qui non seulement ne sont pas des foudres de guerre mais qui n&rsquo;ont jamais à l&rsquo;esprit l&rsquo;idée de progrès, qui se contentent de ce qui est à leur portée, nous rappelant le comportement des Laotiens, préférant dormir sous une cabane en lambeaux plutôt que de la retaper. Après tout pourquoi pas, mais leur journée sont si peu remplies que l&rsquo;ennui est palpable.<br />
La thèse du gouvernement corrompu pour expliquer les retards du pays prend petit à petit du plomb dans l&rsquo;aile et il est difficile de se plaindre lorsqu&rsquo;on n&rsquo;entreprend absolument rien. Le manque d&rsquo;initiatives privés est au moins autant responsable de la situation du camp. Un seul d&rsquo;entre eux travaillait et semblait avoir un train de vie un peu plus &laquo;&nbsp;élaboré&nbsp;&raquo;, se payant le luxe de regarder quelques DVD. Les autres, oisifs, ne semblaient pas sensibles à ce contraste.</p>
<p>Notre petit séjour parmi eux n&rsquo;en était pas moins agréable. Chouchoutés, nous partagions un temps ce mode de vie avec beaucoup de plaisir, à généralement partager la vie des gamins Blackwaras et jouer aux échecs depuis notre cabane.</p>
<p>Mais toutes les bonnes choses ont une fin et nous décidions de prendre le taureau par les cornes pour organiser notre départ. Tout de même un peu las de se faire mener en bateau, nous partirons le lendemain matin pour Vanimo afin d&rsquo;en prendre un nous même.</p>
<p><a href="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220736.jpg"><img class="alignright size-large wp-image-1674" title="groupeblackwara" src="http://www.deuxsingesenhiver.com/wp-content/uploads/2012/07/P1220736-600x400.jpg" alt="" width="600" height="400" /></a></p>
<p>La suite, se passera encore sur l&rsquo;eau.</p>
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