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Papouasie

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Sécurité en Papouasie Nouvelle-Guinée

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L’évènement n’a pas intéressé pas grand monde, tant il est vrai que le pays n’existe pas sur la scène internationale mais des élections législatives se tenaient en Papouasie-Nouvelle-Guinée en juin et juillet derniers. Je dis juin et juillet car ces … Lire la suite

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Après 5 heures passées au fond d’une coque de noix propulsée par deux moteurs surdimensionnés, nous retrouvons la terre ferme à Aitape, prêts à reprendre la route à vélo. Pour faire court, les 150 bornes jusqu’à Wewak ne sont parcourues … Lire la suite

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La Papouasie Nouvelle Guinée est un pays qu’il vaut mieux parcourir sans agenda. Si une pluie torrentielle n’empêche pas votre voiture de traverser une rivière, la fiabilité toute relative des locaux peu habitués à entreprendre quoi que ce soit finira … Lire la suite

Quatre jours au Blackwara Camp

Suite à notre courte escale dans la ville de Jayapura et une laborieuse journée de vélo pour rejoindre la frontière, nous voici officiellement en Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), pays inconnu, réputé dangereux, primitif voire cannibale. Un cocktail détonnant que nos avons hâte … Lire la suite

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Sécurité en Papouasie Nouvelle-Guinée

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Si vous avez suivi un peu nos aventures, vous savez donc que nous sommes en vie, bien portants et surtout ravis de notre périple en Papouasie-Nouvelle-Guinée. L’objet de cet article est donc de casser quelques mythes persistants concernant la sécurité dans ce pays et afin d’encourager quelques voyageurs réticents à le découvrir.

En cherchant des infos, vous tomberez régulièrement sur les recommandations de différents ministères des affaires étrangères vous conseillant de ne pas mettre un orteil dans le pays tant les risques sont importants de vous faire violenter, kidnapper, voire couper en rondelles dans une marmitte. Il y est question de raskolls, des bandits drogués ou éméchés qui attaquent tout ce qui traîne sur la route.
Et si vous connaissez un expat’, il vous parlera de ses rares sorties via des convois armés, de camps gardés jours et nuits avec barbelés et missiles à tête chercheuse. Damas, la jungle et les cannibales en plus. Ces derniers sont sensés avoir disparu mais vous trouverez toujours un bon ami pour vous rappeler qu’il a lu je ne sais où qu’il en restait quelques uns.

Si bien que les sites de voyageurs relatant leurs vacances en PNG sont une espèce rare, plus encore lorsqu’on veut savoir ce qui se passe en dehors des villes.
Il faut bien reconnaître que ce voile de mystères a largement influencé notre décision de nous y rendre, sentant que nos premiers pas en Océanie seraient sûrement bien différents de tout ce que nous avions vu jusqu’à maintenant.

Généralement, lorsque vous entrez dans une zone réputée à risques les locaux vous mettent rapidement à l’aise en dégonflant votre grosse baudruche pleine d’appréhension. C’est tout l’inverse en Papouasie. Les habitants de la ville A vous racontent que la leur est sure mais que la ville B est un repère de malfrats. Même discours dans l’autre sens en arrivant à B qui est sure, contrairement à A et C. Dans le Nord du pays, les locaux ne se rendent que rarement d’une ville à l’autre et ignorent en réalité à peu près tout de ce qui se passe à 150 kilomètres de chez eux. Il faut donc largement relativiser tous ces récits d’horreurs que tout le monde se raconte de bouche à oreille. Le danger est alors de ne plus croire ce qu’on nous raconte et de se remettre à voyager comme en Asie alors qu’il existe tout de même des risques non négligeables la nuit autour des villes. Le bon sens est de rigueur.

Les raskolls de chez nous

De jour, nous n’avons croisé que des habitants adorables toujours prêts à nous offrir leur hospitalité dans leurs villages fleuris et que j’imagine assez mal laisser traîner une bande de salopards vers chez eux. La nuit, nous demandions donc à planter notre tente dans un jardin et nous finissions systématiquement sous un toit. Il n’y a absolument aucun risque tant qu’on est avec des locaux ou bien caché au fin fond de la campagne. Nous ne dormions jamais dans les villes, le logement est beaucoup trop cher pour un budget limité, mais on compte pas mal de touristes australiens dans les villes de Madang ou Port Moresby, parfois avec des enfants.

Les habitants aiment dire que c’est « the country of unexpected« . Il est en effet possible de tomber sur des scènes insolites, a priori effrayantes. Dans le village de Gusap nous avons assisté au début d’une guerre entre clans. Des hommes armés de machettes, d’arcs et de flèches se préparaient à en découdre avec ceux d’en face qui se cachaient dans les champs de canne à sucre à moitiés en feu. Tomber au milieu d’un conflit armé que même la police locale ne semblait pouvoir stopper, ce n’est pas rien. Sauf qu’une guerre de clans ne concernent que les clans en question. De nombreux villageois étrangers au problème venant assister de très près à la future baston, nous avons rapidement eu l’assurance des locaux et des policiers qu’on ne craignait rien à traverser la « ligne de front » en vélo.

Tous ces ressentis nous ont été confirmés par Natsen, un militaire qui m’a pris en stop à la fin du séjour. Il se gaussait souvent auprès de ses amis australiens des légendes sur la PNG alors qu’il avait trouvé Sydney beaucoup plus violente. Il a fini par les emmener à Port Moresby en leur disant « Voici messieurs la ville qui est si dangereuse« .

La Papouasie est un pays à découvrir donc, mais pas n’importe comment pour autant. Les infrastructures, sont plus ou moins inexistantes et à peu près rien ne se déroulera comme prévu.
Avoir en vélo est un avantage indéniable dans un pays qui ne compte quasiment aucun transport en commun. Certains voyagent en stop, mais il faut parfois être prêt à marcher quelques heures sans voir un seul véhicule si vous décidez de stopper dans les villages (ce qui est tout de même la partie la plus intéressante du pays). La période de l’année à laquelle vous partez est importante. Par hasard, nous voyagions en saison sèche et il est certain que nous n’aurions pas pu emprunter certaines rivières ou chemins boueux à la saison des pluies : les habitants restent généralement bloqués chez eux plusieurs semaines quand le niveau des rivières montent.

On the road

Alex, au milieu de la… route

Bref, si vous planifiez toujours tout, calez votre programme au poil de c.. près et surlignez votre Lonely Planet, oubliez. Vous pouvez décider où partir, mais vous ne saurez pas quand. Si en revanche vous aimez l’imprévu, l’organisation à la hâte, croiser des mômes de 5 ans avec des machettes plus grandes qu’eux, sautez le pas, ce pays est pour vous.


Bertrand Camus, le dimanche 28 juillet 2019

J’y suis allé plusieurs fois seul, la 1ère fois en 1980. Je n’ai jamais eu de problèmes même si en 1980 dans un village reculé au bord de la Sepik, j’ai failli me faire tuer. C’est ce que j’ai appris d’un autochtone chez qui j’étais lorsque des indigènes à qui j’avais demandé de me ramener à Wewak sont venus me rechercher. Par contre c’est vrai que dans les villes, le soir c’est souvent risqué de se balader.

Greg, le lundi 29 juillet 2019

On peut presque appeler ça un problème quand même ;)
Ça me rappelle que vers Wewak, quelques locaux nous avaient dit : « Avant vous on a vu passer un blanc il y a 1 an. Il a été tué dans vers le fleuve. » Ah… cool !

Bertrand Camus, le lundi 29 juillet 2019

En 1980,à part des missionnaires luthériens, je n’ai jamais rencontré de blancs sauf quelques expats australiens à Port Moresby. Ensuite dans le centre, en montagne et sur la Sepik, rien. 2 missionnaires à Wewak et 2 Australiens bourrés dans le commerce du bois. Je suis allé aussi plusieurs fois en Irian Jaya et là à part des Indonésiens évidemment, pas de blancs dans les années 90. Seulement les touristes que j’ai guidés dans la forêt et en haute montagne. Les 2 côtés sont risqués parfois car il peut y avoir des indigènes qui pètent les plombs ou à l’époque des années 70-80 qui voulaient vous tuer pour vous piquer vos lacets. Aujourd’hui, les rascals veulent du fric et ils voient trop de blancs qui se conduisent mal et qui viennent pour travailler dans des groupes qui pillent les ressources ou des touristes en groupe qui sont cons et qui ont trop de fric. J’aime ce pays et en 1980, je crois que j’étais parmi les 1ers français à y être. Le risque que je connaissais était le prix à payer. Je suis revenu vivant et y suis retourné plusieurs fois des 2 côtés.