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Birmanie

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Birmanie, pays des interdits

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Birmanie, pays des interdits

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Au rayon des infréquentables internationaux, la Birmanie figure en bonne place aux côtés de la Corée du Nord ou de l’Iran. Dictature militaire, répression des libertés, repression politique, contrôle des logements, internet, rien ne semble échapper au pouvoir en place, même si l’apaisement semble être de rigueur ces derniers temps. En début d’année, nous nous sommes rendus dans ce pays si particulier.

Aussi étrange que cela puisse paraître, le visa birman (30 jours) s’obtient en une petite demi-journée, avec une photo et un formulaire à remplir, à l’ambassade birmane de Bangkok. C’est un des visas les plus simples à obtenir. Les vols à destination de Yangon, l’ancienne capitale, ne sont pas légions : à l’aéroport on peut lire une dizaine de destinations, toutes en Asie du sud-est. Notre point de départ sera Bangkok.

Avant de partir, il faut avant tout prévoir assez de monnaie pour l’ensemble du voyage, il n’y a aucun distributeur dans le pays. Mais ce n’est pas la seule difficulté. Le kyat, la monnaie locale, étant sujette à des manipulations de taux très élastiques de la part du gouvernement, il est impossible d’en obtenir en dehors du pays. Il faut donc venir avec des dollars américains, pas n’importe quels dollars. Il faut du flambant neuf, sans déchirure, sans marquage, sans pliure, pas même le moindre petit coin corné, sous peine de ne pas pouvoir les changer en kyat sur place. Un billet de 100$ nous a été refusé à cause d’un coin corné d’un malheureux millimètre.
On peut ainsi payer dans les deux monnaies, mais changer rapidement des dollars en kyats aide à se sentir plus serein. Quand on voit dans quel état sont les billets de kyats, c’est à mourir de rire : de vrais chiffons. Il ne faut pas non plus être étonné de se voir rendre la monnaie en biscuits quand ils n’ont pas le change exact. Comme le dit si bien l’expression, « c’est monnaie courante« .
Pour les changes, beaucoup de gamins proposent des taux plus avantageux au marché noir que les banques. Mais si vous n’êtes pas très attentifs, vous serez arnaqués.

Lorsqu’on prononce le mot Birmanie, un seul nom, un seul visage apparaît inlassablement comme symbole de la résistance face à l’oppression, celui d’Aung San Suu Kyi, fille du général Aung San qui négocia l’indépendance de la Birmanie en 1947. Assignée à résidence pendant des années, on imagine qu’une véritable omerta est associée à son nom.
Pourtant, chaque étale, chaque scooter, chaque magasin arbore son portrait ou celui de son père, et le phénomène ne semble pas vraiment nouveau à en juger de l’état de certaines photos. La population semble ainsi pouvoir exprimer son opinion sans craindre de sanctions. Tant que celle-ci n’est pas trop importante…
Pratiquement tous vêtus d’un longji (longue jupe en tissu), le sourire des Birmans surprend toujours quand apparaissent leurs dents rouges, colorées par le mâchage des noix de bétel.
La culture birmane est beaucoup plus proche de l’Inde que de la Thaïlande, les nombreux plats au curry en témoignent, la saleté des rues également. Il ne faut clairement pas craindre de manger dans un restaurant grouillant de petits blattoptères.

Internet semble en voie de s’ouvrir petit à petit. Autrefois interdits, hotmail et facebook sont désormais accessibles, même si la connexion rappelle que les grandes heures du 28,8K.

Nous nous déplacerons sur place en taxis, trains ou bus. Rien de tel pour voyager au milieu des locaux. L’état du réseau routier est exécrable excepté pour l’axe reliant Yangon à Mandalay en passant par Naypyidaw, la nouvelle capitale. De Bagan à Manadalay, il faut par exemple compter 7h dans des chemins vicinaux, traversées de rivières, sur un siège en bois avec un espace entre les sièges taillé pour le format asiatique. Mais après tout, on ne s’attendait pas à découvrir un bitume et des bus de première qualité.

Le logement est aussi un problème. Tout est contrôlé par le gouvernement et certaines villes ne peuvent même pas offrir de solution d’hébergement, ou parfois à des prix ahurissants. Il faut dans tous les cas se battre pour un rapport qualité/prix décent. Quant à dormir chez l’habitant c’est tout simplement interdit. Il est possible de circuler en vélo, mais de fins espions vous suivront un peu partout avec une discrétion pachydermique. Toutes les zones du pays ne sont pas accessibles. La raison principale érigée par les autorités est « zone de guerre ». Ainsi, si vous arrivez en avion, vous pouvez accéder à l’ensemble du territoire, sauf les zones frontalières. Si vous arrivez par la terre via la Thaïlande (visa de quelques jours seulement), c’est l’inverse. La zone de guerre semble donc se situer tout pile sur cette limite…
La capitale, Naypyidaw, a récemment été déplacée en prévision d’une invasion. Le pouvoir est ainsi situé stratégiquement au centre du pays, au coeur d’une ville sous étroite surveillance et aménagée pour la défense. N’y allez donc que si vous aimez vous cogner au refus de militaires.

Les difficultés soulignées ci-dessus ne doivent surtout pas vous arrêter si vous souhaitez découvrir ce pays. Bien que parfois pénible lorsqu’on est habitué à la simplicité de déplacements en Thaïlande, tout ceci est surmontable et quelques coins de Birmanie sont magnifiques. Bagan est ses 4000 temples valent tout autant le détour qu’une virée à Angkor, et c’est gratuit quand on ne se fait pas attraper par la « garde ». Les férus d’archéologie peuvent aisément passer plusieurs jours à visiter la plaine à vélo (1€ la journée de location). Le lac Inle, attire également de nombreux touristes et le village de Hsipaw plus au nord est le point de départ de nombreuses randonnées réputées.

Et si à votre retour Air Asia égare votre sac, sachez que le code barre attaché à votre bagage ne sert strictement à rien puisqu’ils ne le scannent pas…